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Carnet de bord Canada

Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 04:06
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Le 9 juillet au matin, Frederic, Quentin et Juliette enfourchent leur velo en direction de la frontiere du Canada situee a une quinzaine de kilometres.
Je les suis de pres dans la voiture, avec Mailys et Colombe. On se dit qu'une partie de la troupe a velo, ca devrait aider pour passer la douane plus facilement. Et on ne se trompe pas.
Au poste frontiere de Piegan situe en pleine campagne et ou il n'y a pas grand monde, les douaniers ont la gentillesse de ne pas ouvrir le coffre : s'il fallait vider tout son contenu, ca prendrait un certain temps !
Mais il nous faut quand meme faire des demarches et verser 300 dollars pour avoir le droit d'introduire la voiture qui sera revendue sur le territoire.

A peine les passeports rendus tamponnes, nous avancons un peu et rangeons les velos dans la voiture. Notre but est de rejoindre assez rapidement Calgary puis les montagnes. La radio canadienne que l'on allume annonce : au Canada, il y a 2 saisons : le mois de juillet et l'hiver ! Nous tombons bien, et esperons que juillet sera chaud, marre de la pluie !
Nous sommes dans l'etat de l'Alberta. Arret a la premiere ville pour tirer des dollars canadiens et faire un tour a la laverie. Nous ne sommes qu'avec des indiens, et certains n'ont pas l'air bien dans leur assiette. Nous ne pouvons nous mettre tout nu pour laver tout notre linge, pourtant, c'est bien ce qu'il faudrait faire !

Nous roulons plein nord vers Calgary et nous retrouvons rapidement dans les plaines tres plates ! On n'avait pas vu ce paysage depuis tres longtemps !
En fin de journee, nous decidons de ne pas attendre pour rencontrer des canadiens, et frappons a la porte d'un petit ranch en bord de route. Un monsieur de plus de 70 ans nous ouvre la porte et nous autorise a planter nos tentes. Alors que nous nous installons dans le jardin, il vient nous voir et nous dit qu'il est gene de nous laisser dormir dehors par ce temps si froid. On a deja eu bien plus froid que ca et on est equipe en bons sacs de couchage ! Il continue a dire qu'il ne peut pas nous laisser dormir la, et que lui et sa femme veulent nous payer le motel situe juste en face de la grand route. On a beau lui confirmer qu'on sera tres bien dans son jardin, il insiste tellement qu'on ne peut plus dire non !
On reve alors au bon lit et a la douche chaude qui nous attend ! On range donc nos tentes puis allons avec Richard chercher ses 2 chevaux au pre pour les ramener a l'ecurie. Pendant ce temps, sa femme Florence nous prepare un gateau typiquement canadien extra pour les mamans pressees et les enfants gourmands. Les personnes qui mangent light peuvent passer au paragraphe suivant directement !


Gateau aux Rice crispies et aux chamallows :

Faire fondre 50 ml de margarine ou beurre a feu doux dans une grande casserole.
 Ajouter 250 g de guimauves ordinaires (marshmallows )
Remuer jusqu'a ce qu'elles soient fondues et homogenes.
Retirer du feu.
Ajouter 2 ml d'extrait de vanille (facultatif) .
Ajouter 1,5 litre ou 6 tasses de cereales Rice Krispies en remuant pour bien les enrober.
A l'aide d'une spatule legerement beurree, etaler et presser les cereales dans un moule beurre de taille suffisante.
Laisser refroidir, pas de cuisson.
Couper en carres.
Goutez !


On cuisine et mange au chaud dans la maison de nos hotes. Ils sont vraiment charmants. Ils ont 77 ans et sont maries depuis ...7 ans ! Ils ont chacun leurs enfants et petits-enfants, etaient veufs, et ont choisi de se remarier ! Ils ont l'air bien heureux ! On se regale au dessert d'enormes fraises et du gateau aux chamallows. Florence voit bien que Juliette en reprend 2 fois, et elle nous met le reste du gateau dans un sac pour l'emporter.
 Il est bien tard quand nous rejoignons l'hotel flambant neuf juste en face, et installons vite la troupe. Il n'y a que 4 places et certains testent la douceur de la moquette plutot que les doux draps blancs...

Le lendemain matin, tout le monde passe a la douche, c'est toujours apprecie. Colombe est dans mes bras afin que je lui rince la tete sous la pomme de douche accrochee au mur. Mais celle-ci se debat, pousse contre le mur avec ses pieds. Je suis desequilibree, je n'ai rien pour me retenir, et je tombe a la renverse sur le sol, Colombe toujours dans mes bras. Je me receptionne sur le coude et m'entaille la peau. Un moment de panique suit, car avec le sang liquifie que j'ai toujours grace a mon traitement, je ne dois ni me couper, ni me cogner. C'est rate. Je m'allonge donc une serviette pressee contre la plaie, et tout rentre vite dans l'ordre. Fred me fait un pansement au steristrip pour faire une belle cicatrice, et voila.
 On avait fait une petite priere pour que tout se passe bien au Canada, on avait eu notre compte de soucis, ca commence bien !   
Apres un bon petit dej offert par l'hotel, on va en ville acheter une bonne boite de chocolats et on retourne chez Florence et Richard pour leur offrir. Je porte un pull pour ne pas montrer mon beau pansement, pas la peine !

Nous reprenons la route, toujours tout droit. Les panneaux sont ecrits en francais et en anglais. Dans les parcs, les enfants apprecieront de pouvoir lire et comprendre les panneaux d'information sur les animaux entre autres.

Dans la matinee, nous arrivons a Calgary ou la fete bat son plein : c'est en ce mement et pour 10 jours le grand Stampede, la plus grande fete de rodeo du pays qui a lieu chaque annee. Cela se passe dans le stade, avec courses de chars et costumes a paillettes. En preparant le voyage, on avait prevu d'y aller, mais le prix des billets d'entree et la foule nous ont fait reculer. On a eu notre petit rodeo local au Montana, et ce souvenir nous satisfait pleinement.
Nous nous contentons donc d'arpenter les rues de la ville, ou a cette epoque, toute la population est habillee en cow-boys et cow-girls. Les restos ont mis des ballots de paille devant les terrasses, nous sommes au moins dans l'ambiance !

En fin de journee, nous quittons la ville, reprenons la route vers l'ouest en direction des Rocheuses. Nous demandons a planter la tente chez Claudia qui habite une magnifique maison en bois, mais elle nous repond : would you like to sleep in a tippee ? (aimeriez vous dormir dans un tipi ? )
Tout le monde bondit. On ne l'a pas vu, en contrebas derriere la maison, qui domine la riviere. Claudia nous y emmene, et bien sur nous sommes emballes de dormir dedans, c'est la fete !
Le paysage s'accorde tout a fait au tippi : la riviere, la foret... il ne manque que les indiens... (photos a la fin de l'album du Montana )
Claudia nous prete sa cuisine pour preparer le repas, faire la vaisselle, c'est un peu de confort que nous apprecions toujours. Avec un seul rechaud, difficile de faire des prouesses culinaires pour 6, et les repas sont toujours longs a preparer. Pour la vaisselle, il n'y a jamais d'evier dans les campings des parcs aux USA. Juste un robinet au bout d'un tuyau situe a 40 cm du sol, au mieux au dessus d'une plaque de ciment, sinon au dessus de la boue. Pas tres fun... 

Apres une bonne nuit dans le tippi, nous poursuivons notre route. Ile est prevu de ne ressortir les velos qu'une fois dans le parc de Banff. Mais les paysages sont jolis et la route facile, Fred decide donc de sortir les petites reines plus tot que prevu. Quentin et Juliette sont plonges dans leur travail scolaire et n'ont pas envie de pedaler la, "ce n'etait pas prevu". Malgre tous ces mois de voyage, nos chers petits ne s'adaptent pas toujours aux changements de programme ! 
Quelques jours avant, on avait ete heureux de leur annoncer que les grandes vacances, ce serait dans les parcs de Banff et Jasper, quand ils pedaleraient, et pendant le sejour chez nos amis d'Ottawa au mois d'aout. La mine boudeuse, Juliette avait repondu " c'est pas des vacances si on pedale..." elle a de la logique : les vacances, c'est pour faire autre choses que ce que l'on fait d'habitude !

Quand on a reussi a mettre les 2 grands sur leur velo, ce qui n'a pas ete une mince affaire, on s'enfile doucement dans les vallees entre les montagnes qui se rapprochent. Les sourires reviennent vite, les enfants sont heureux de prendre l'air ! Quand j'approche en voiture les cyclistes, Juliette me fait toujours un signe de la main sans avoir besoin de se retourner : notre camion fait un tel boucan qu'on reconnait son bruit de moteur entre 1000 ! 
Pause pique-nique au bord d'un petit plan d'eau, Fred sort la canne a peche, mais toujours rien au bout de la ligne, c'est desesperant !
Avant d'entrer dans le parc, je fais le plein alimentaire et le plein d'essence, il n'y a plus rien ou presque comme point d'achat jusqu'a Jasper, a 290 kilometres au nord de la. Bonne surprise au supermarche : contrairement aux USA, je trouve du vrai beurre, de la vraie baguette (de supermarche mais c'est deja ca !), des petits suisses, des cerises enormes et delicieuses, et d'autres petites choses qui font faire un peu varier nos menus dont on se lasse parfois !

Au camping, il y a un abri a moitie ferme avec poele ou l'on peut s'abriter et se rechauffer s'il pleut. Et un evier ! Mais le luxe a un prix, les campings sont encore plus chers qu'aux USA, et il faut ajouter 9 dollars si on souhaite faire du feu et utiliser le bois mis a disposition.
Nous voila donc dans le parc de Banff, cree en 1885. Ses paysages sont faits de montagnes, de rivieres, de cascades, de glaciers, de forets peuplees d'animaux sauvages.
 Au rythme des cyclistes, nous allons prendre le temps de le decouvrir.

 Nous devons y retrouver une famille de Montreal dont on a fait connaissance grace a notre blog.  Ils nous ont d'abord invite a venir chez eux a la fin de notre voyage, puis nous ont dit qu'ils allaient aussi pedaler a travers le Canada cet ete.La difference avec nous, c'est qu'ils n'ont pas 4 mais 9 enfants, de 4 a 20 ans ! Nous sommes presses de les rencontrer ! Mais notre telephone achete aux USA ne marche pas au Canada, eux n'en n'ont pas, pas d'internet non plus, on espere se croiser par hasard, on n'aura pas de mal a les reconnaitre !
 
Ce 12 juillet, premier jour dans le parc commence bien : une floppee de mouflons broute l'herbe au bord de la route. Des meres avec leurs petits. Pas sauvages du tout ! Le pere reste plus loin. Nous laissons la route principale pour prendre la route parrallele intitulee "Promenade de la vallee de la riviere Bow". Tout le long, des panneaux jalonnent la route pour parler des animaux, de l'impact des incendies sur les forets,...
Au pique-nique, Mailys n'est pas bien et vomit plusieurs fois. Elle n'avale rien ce qui est exceptionnel pour elle ! Je file installer les tentes au camping plus haut pour qu'elle puisse se reposer. Le lendemain, tout sera rentre dans l'ordre. Les cyclistes arrivent tot, Quentin et Juliette jouent le reste de l'apres midi a la riviere toute proche de notre emplacement.
Nous dinons dans la cabane-abri et invitons un cycliste solitaire a partager notre soupe, il ne fait pas tres chaud !

Le jour suivant, nous partons nous balader le long du Johnston Canyon. Dans une vallee encaissee se succedent des cascades. C'est beau, mais humide. Nous sommes maintenant habitues a la pluie, mais quand meme, y'en a marre ! On vit dehors, on n'a pas le choix, il faut faire avec !
Nous rentrons au camping trempes et decidons de passer l'apres-midi aupres du poele a jouer aux cartes, au yathzee,...  ca fait du bien de prendre une pause jeux avec les enfants ! C'est pas souvent !
Le soir, j'emmene les 2 grands au pre des mooses (elans), dans l'espoir d'en apercevoir. On en a vu plusieurs fois, mais toujours des femelles. On reve de voir un male avec ses grands bois majestueux. On marche sur le sentier et nous arretons a la lisiere de la foret. On attend mais rien ne vient. Juliette souhaite s'enfoncer un peu dans les bois, mais pas moi. Aucune envie de me trouver nez a nez avec un ours ! C'est qu'il y en a beaucoup par ici !
Nous rentrons au camp sans avoir rien vu...
La nuit est pluvieuse et pendant le petit-dej, nous faisons un feu dans le poele et accrochons les tentes tout pres pour les faire secher. C'est un exercice delicat car un seul mouvement de toile sur le poele et notre maison de nomade se trouverait percee.
 A 11 heures, enfin, une eclaircie annonce le depart des cyclistes, mais bien vite la pluie revient. Quentin fait la tete, mais Juliette a quand meme le sourire. Fred equipe les pieds des enfants de sacs plastiques, on pique-nique emmitoufles dans nos cires. On croyait qu'il faisait 40 degres au Canada en juillet !

En fin de journee, le ciel se degage enfin et l'on peut apercevoir les sommets enneiges. Le trio de cyclistes pedale 60 km jusqu'au camping "Mosquito Creek ", la riviere des moustiques, tout un programme ! Nous restons dans la vallee et il n'y a pas pour l'instant de col a passer. 60 km n'est donc pas un probleme pour les mollets des petits francais !
Nous nous installons la pour 3 nuits, car les 2 jours suivants, nous allons faire du canot sur les lacs Moraine et Louise, et randonner.
Nous nous endormons berces par le bruit de la riviere toute proche, sans avoir ete trop genes par les moustiques.

Au lac Moraine un peu plus au sud, le paysage est grandiose, et l'on essaie de faire abstraction du flot de touristes. Nous marchons d'abord le long du lac, jusqu'a son extremite, ou un magnifique torrent s'ecoule pour alimenter en eau le plan d'eau. Le lac Moraine a la particularite de certains lacs de la region : son eau est turquoise.
Le lac est entoure de forets au nord, de sommets aux pentes caillouteuses au sud, et de sommets enneiges et glaciers a l'ouest. N'ayant pas vu de glaciers au parc...des glaciers, ils ont pratiquement tous disparus, nous sommes heureux de pouvoir les admirer ici en compagnie des enfants, sans etre certains que ceux-ci pourront les montrer a leurs propres enfants...le rechauffement climatique a un effet certain sur la fonte des glaces...

Dans l'apres-midi, nous retournons a la voiture preparer les canoes, ce n'est pas une mince affaire : sortir les cartons du fond du camion, le dos plie en 2, les etaler, les gonfler, fixer les sieges, monter les pagaies, equiper la famille en maillots de bain, cires et gilets de sauvetage, porter le materiel au bord de l'eau, cela prend un certain temps.

 Alors que nous nous affairons, un jeune homme s'approche et m'accoste :" bonjour, je crois que vous avez correspondu avec ma mere sur Internet..." je reponds " la famille de Montreal !" ils sont la, nous ont reconnus grace a la petite affiche scotchee a la fenetre du camion ! Je suis Guillaume, le fils aine jusqu'a la camionnette familiale et fait la connaissance de Michele, la mere, le pilier de la famille, avec qui j'ai echange sur internet. Les enfants descendent petit a petit du camion et les presentations commencent : Guillaume, 20 ans, Jean-Christophe, 17, Louis-Philippe, 15, Raphael, 13, Marie-Michele et Marie-Pierre, 13 ans aussi, arrivees a 6 mois du Vietnam, puis Daniele, 11, Charles 9, et le petit-dernier, Marc-Antoine, 4 ans. Ca en fait du monde, et ca va en faire des copains pour nos 4 enfants !

Nous sommes tout de suite en phase et le courant passe tres bien. Nous comptons pedaler quelques jours ensemble. Ce soir, la famille va jusqu'a Calgary chercher Pierre, le pere qui arrive en avion pour un mois de vacances. Depuis mai, Michele pedale seule avec ses enfants ou presque : ils ont d'abord pedaler un mois dans l'est du Canada avec un ami belge, en portant tous leurs bagages. Puis ils ont pris l'avion, Michele et ses enfants, jusqu'a Vancouver a l'ouest pour pedaler dans cette region puis jusque Seattle aux USA. La, ils ont achete une camionnette 12 places en vue de la traversee du Canada d'ouest en est, trop longue a faire en velo et trop couteuse en train. Et les voila ! On prevoit de se retrouver au camping ou nous sommes installes le lendemain soir. Les enfants sont tout excites !

Pendant que nous papotions, le soleil que nous avions eu le privilege d'avoir toute la journee s'est cache et il commence a pleuvoir ! Il en faut plus que ca pour arreter les Lacheray, et equipes des pieds a la tete contre la pluie, nous traversons le lac, 3 dans chaque canoe. A fleur d'eau, la couleur semble encore plus ireelle, et le lac est encore plus beau. Le paysage est envoutant, surtout que l'heure tardive et la pluie ont fait fuir les touristes en pantalons blancs et petites chaussures. Il ne reste que nous, le lac, les montagnes, et les glaciers.

 Colombe s'endort, assise dans le canoe, insensible a la pluie... Reve-t-elle de biches, de mouflons, de feux de camp ?
Notre Petite Plume (nous nous sommes donnes des noms indiens ) s'est maintenant parfaitement adaptee au voyage. D'ailleurs pour elle, ce n'est plus un voyage, c'est sa vie. Elle ne se souvient pas comme les aines de sa chambre, de ses jouets. Sa vie est ici, avec sa famille qu'elle suit sans se poser de questions. Bien-sur, nous lui parlons de la maison, du jardin, de la famille et de nos proches. Nous avons emporte un mini-album photo avec tout ca. Elle se souvient de ses grands-parents, de sa marraine "Boulangere" (Berengere ! ), et de son amie Mahault. 
Elle sait qu'apres le voyage, elle va aller a l'ecole, comme Petit Ours Brun dont on a tant lu l'histoire. Elle aime lister tout ce qu'elle fera a l'ecole : jouer aux voitures, faire de la peinture... et des chamallows grilles ! C'est sa liste a elle ! Elle s'adaptera tres vite, nous ne sommes pas inquiets pour ca. Elle ne rale jamais de marcher sous la pluie, d'etre engoncee dans son gilet de sauvetage,de rester des heures dans la voiture,(elle est passionne de coloriage),  des diners tardifs, et s'endort en 30 secondes le soir dans son duvet pour une nuit sans interruption. Elle est notre Madame sourire, notre batterie d'energie !

Le lendemain, nous allons au lac Louise, le plus connu de la region. C'est la copie du Lac Moraine, sauf que l'eau n'est pas bleue mais vert Provence. Le paysage est aussi exactement le meme, dispose de la meme facon : la foret d'un cote, les montagnes de l'autre, et a l'ouest, les glaciers. Le soleil est la, joie !

Ce qu'il y a en plus au Lac Louise, c'est un enorme hotel chic qui occupe tout un cote du paysage. Voir ce lac etait un de mes buts de ce voyage dans les Rocheuses, je l'avais imagine sauvage et solitaire... Ici, on se croirait a Zermatt en Suisse, tout est si propre aux abords de l'eau. Les touristes en tenue impeccable deambulent sur le sentier goudronne avec leurs enormes appareils photos et regardent d'un oeil bizarre cette famille francaise si etrangement habillee de vetements taches, de chaussures en fin de vie, qui prend son petit-dej, pots de confitures et de pain de mie etales, la sur un banc au soleil !
On est contents quand meme de ne pas etre seuls a un moment : une femme vient vers moi et me dit que mon canoe s'en va ! Fred avait attache sommairement les bateaux a quelques metres du depart de la riviere qui part du lac. Une attache n'a pas tenue, et le canoe, emporte par le courant faible d'abord, commence maintenant sa descente de riviere seul ! Je crie a Fred " le canot s'en va" et cours les pieds dans l'eau pour essayer de l'arreter. Rate. Fred bondit, court, et arrive pres du canoe, heureusement arrete plus bas par un amas de troncs tasse sur le torrent. On a eu chaud !

Enfin nous voila sur l'eau, un peu plus seuls que sur le bord. Je savoure cette traversee a laquelle j'ai tant revee. Je sais que je ne reviendrai probablement jamais ici. Ainsi sont les voyages lointains.

  A l'autre bout du lac, nous accostons sur une plage, les enfants jouent comme s'ils etaient sur n'importe quelle plage de France. Dans quelle mesure realisent-ils qu'ils sont a l'autre bout du monde par rapport a leur village, et que faire des pates sur la plage du Lac Louise sous les glaciers suspendus n'est pas une chance donne a tous ? Pour eux aussi, maintenant, ces paysages font parti de leur quotidien, et ils ne realisent pas toujours ce qu'il y a d'exceptionnel dans ce que nous voyons et vivons...
Alors que nous pique-niquons en compagnie d'une famille de spermophiles a mante doree (c'est a dire des ecureuils miniatures a rayures ), qui voila sur le sentier au-dessus de notre tete : la famille de Montreal ! (les Dury, c'est leur nom.) On ne devait pas se revoir avant le soir, mais le hasard a encore fait croiser nos chemins !
Ils ont longe le lac a pieds, et une fois les canots bien cales, nous poursuivons avec eux le sentier qui maintenant grimpe sur le flanc des montagnes.
Tout en marchant, nous faisons la connaissance de Pierre, le papa maintenant en vacances.
Les enfants font davantage connaissance aussi. Quentin se lie d'amitie avec Raphael, Juliette avec Danielle. Charles, 9 ans, tombe sous le charme de Colombe, et toute la troupe grimpe sans meme sans rendre compte le sentier abrupte.
Observation de 2 marmottes, bataille de boules de neige sur les neves... On est vraiment proches des glaciers maintenant, ca nous rappelle tant les Alpes, un paysage dont on ne se lasse pas. Quelques chutes de glace provoquent des cascades de quelques minutes. Nous sommes presque en haute montagne...en nu pieds d'eau, necessaires pour le canot ! Mais le sentier est degage, nous n'avons pas a marcher dans la neige.Le chemin continue beaucoup plus loin mais il faut nous resoudre a faire demi-tour : nous devons redescendre, retraverser le lac en canoe, tout degonfler,ranger, plier , tasser au cm pres dans le camion pour qu'a la fin, ca ferme ! 
Au camping, nous passons une bonne soiree avec  nos nouveaux amis, autour du poele. Les sujets de discussion ne manquent pas !

Le lendemain 17 juillet, ce ne sont plus 3 mais 14 personnes qui s'appretent a partir a velo !
Pierre descend de son camion les 4 velos fixes derriere, puis les 4 velos fixes devant, le reste est sur le toit, dont la charrette de Marc-Antoine tiree par Louis-Philippe, 15 ans, l'infatiguable.
Michele fait chauffer de l'eau sur le poele dans sa grande marmite et on se shampouine au soleil, tout le monde ou presque y passe !
 Ca sent bon le bacon, les oeufs, les pancakes, un vrai petit dejeuner canadien se prepare dans la cabane ! L'ambiance est joviale, tout ca met du baume au coeur ! Avec tous ses grands qui l'aident beaucoup, Michele est TRES cool, et consacre une bonne partie de son temps a filmer tout son petit monde. La camera, c'est son truc !
Le depart est tardif, mais peu importe, il fait beau ! 
Pierre souhaite pedaler, mais il y a son camion ! Pendant les jours qui suivent, nous aurons donc l'organisation suivante : Pierre met son velo dans ma voiture. Puis nous nous rendons tous les 2 avec nos vehicules au camping du soir. Pierre y gare son camion puis monte avec moi, on repart vers le sud jusqu'a ce que l'on rejoigne la troupe. Pierre sort alors son velo et pedale. Ca me fait beaucoup de kilometres en plus ! Au retour, je fais un rapport aux cyclistes avides des difficultes et descentes qui les attendent pour la journee !

Jusqu'a Jasper, le paysage ne va jamais cesser d'etre magnifique.
 Nous longeons le lac Bow, toujours de ce bleu incroyable. Tandis que les cyclistes filent, j'y fais une pause avec Colombe, le temps de l'admirer. Mailys est sur le tandem avec Frederic qui l'a ressorti afin qu'elle soit avec le reste de la troupe. Au lac Peyto, nous montons pique-niquer au point de vue. Il fait une douce chaleur qui fait chercher l'ombre a certains, ca nous rappelle que si si, c'est l'ete !
Sur la route, tout baigne. La bande d'arret d'urgence permet a tous de pedaler tranquilles. Souvent, Quentin et Raphael sont en tete, et papotent. En quelques jours, Quentin apprend a pedaler sans tenir le guidon, pour le plus grand bonheur de sa mere... je prefere ne pas voir ca... !
Juliette trouve son rythme avec les jumelles, et Fred discute avec Pierre.
 Michele, elle, s'organise pour filmer les sportifs, et tout ce petit monde finit par arriver au camping de Waterfowl Lakes.

2 emplacements cote a cote dans les bois, les enfants naviguent de l'un a l'autre. Pour aller aux sanitaires, on joue a Boucle d"or en essayant de trouver le bon chemin du premier coup. Avec Colombe, passionnee par ces batiments d'un interet que vous ne pouvez meme pas imaginer (systeme de verrou des portes a etudier, seche mains,... tout y passe ), j'y passe des heures et je commence a me lasser serieusement ! 
Il n'est pas tard et Fred a le courage de sortir un canoe pour que les interresses pagaient sur le lac du camping. Tous les enfants se baignent, des vraies vacances !

Le lendemain est le jour ou il faut passer le col Sunwapta. Il y a bien eu un petit col la veille, mais c'etait de la rigolade.La traversee de la Saskatchewan River dans la matinee marque le point le plus bas de la journee. Apres ca, la montee commence doucement. 
Un ours noir traverse la route, c'est un jeune. Les cyclistes doivent se tenir prets a deguerpir ! Les forets sont tellement denses et nombreuses ici qu'il est bien plus rare d'apercevoir un animal qu'au parc du Grand Teton par exemple ou il y a de nombreuses prairies.
A midi, toutes les filles et les jeunes garcons des Dury rangent leurs velos sur le camion que Michele conduit ce jour la pour ramasser ceux qui declarent forfait. Juliette et Quentin s'accrochent  et continuent !  Mais en fin d'apres-midi, au bas de la grosse cote, presses de rejoindre leurs copains dans le camion, ils rendent les armes a leur tour ! Il ne reste plus grand monde en piste ! Les papas et quelques grands !
Peu apres le col, nous quittons le Parc Banff et entrons dans le parc de Jasper.

Au camping, nous squattons d'entree de jeu le chalet-abri-semi-ouvert, faisons un feu dans le poele (on est a plus de 2000 metres et les soirees sont fraiches ! )
Nous apprenons la crapette aux quebecois, et les plus jeunes jouent a cache cache dehors. Colombe joue avec eux, et c'est pas la derniere !
Une averse vient nous rappeller que l'ete a decide d'etre pourri, et on decide, apres le diner, de monter les tentes... dans l'abri. Il suffit de mettre tables et bancs dehors, ca rentre. Le poele, on le garde !Malgre l'altitude et le temps, les moustiques repondent presents, et la, pas de quartier ! Le reglement du parc ne precise pas que ces bestioles sont protegees ou en voie de disparition, on leur regle leur compte des qu'on le peut ! Mais leur nombre est encore supportable.

Le lundi 20, il y a 60 kilometres a parcourir. Nous nous les enfilons d'une traite avec Pierre pour poser son camion au camping du lac lune de miel. Tout un programme ! Pierre se demande s'il ne faut pas laisser son vehicule a mi chemin, mais je le persuade que non, ses filles sont tout a fait capables de faire toute la route !
Nous longeons la riviere Sunwapta qui descend vers le nord. Ce n'est pas pour autant que la route fait de meme. Il y a quelques longues cotes !
Chaque jour, un Dury creve. Aujourd'hui, c'est Danielle. De tout le voyage, cela ne nous est arrive que 2 fois. Ne sous estimez pas la qualite des pneus si vous preparez un tel voyage !

Je devance les cyclistes quand j'apercois un ours a 10 metres du bord de la route. Il ne s'interesse pas du tout aux velos qui arrivent petit a petit et c'est tant mieux ! Ils sont quand meme sur leurs gardes et prets a decamper ! Mais le gros mamifere garde le nez enfoui dans les buissons en quete de baies sucrees. Ces animaux passent leurs journees a rechercher de la nourriture, affames apres l'hiver.

Apres une pause aux chutes de la riviere, nous nous installons au bord du lac. Les enfants, apres une journee de velo sont pleins d'energie, on les entend rire de loin, ils s'entendent a merveille.
Quentin et Juliette ont la flemme de monter leur tente et s'installent seuls dans la cabane pour dormir. Quand j'entends un coyote hurler au milieu de la nuit, je ne suis pas tres rassuree, et tends l'oreille un long moment avant de me rendormir. Au petit matin, un autre animal pousse des cris vraiment etranges, que je n'arrive vraiment pas a identifier. Michele me dira plus tard que c'etait un canard, le huard. Comment un canard peut-il fait un cri aussi etrange et aussi fort ? On est bien loin du coin coin des canards de nos jardins publics ! 

Aujourd'hui mardi 21 juillet, c'est le dernier jour de velo complet vers le nord. Ce soir, nous dormirons juste quelques kilometres avant Jasper. La journee est belle, et apres avoir reserve le camping du Wapiti avec Pierre, nous retrouvons le groupe qui longe maintenant l'Athabasca River. Les montagnes sont toujours tout autour de nous mais plus pour longtemps, alors, on s'en met plein les yeux, conscients que bientot, le paysage ne sera plus le meme.
Tout le monde pedale bien, tout le monde s'amuse, le velo avec les copains, ca passe comme une lettre a la poste, personne ne rale ! Colombe rejoint meme Marc-Antoine dans sa charette pour papoter, et lui preter son epaule pour sa sieste...
Dans l'apres-midi, nous faisons une longue pause au lac du fer a cheval. Nous nous trouvons a une extremite du lac ce qui lui donne plutot un air de canyon corse ou de cenote mexicain vu sa couleur turquoise transparente de toute beaute ! L'eau est froide et tout le monde hesite a se baigner. Pourtant, il fait chaud ! Je promets alors a toute personne qui se baigne un grand coca bien frais, comme je l'ai deja fait dans les lacs de montagne corse ou de riviere alpine. Marie-Michele ne peut le croire, un coca bien frais ! Elle me fait repeter 5 fois que je tiendrai ma promesse ! Pour encourager les plus grands, j'annonce que je peux remplacer le coca par une biere bien fraiche ! Et finalement, tout le monde ira a l'eau ! Sauf Michele, qui filme, et moi pour qui c'est bien trop froid.
Nous ne sommes pas seuls a profiter de cette oasis magnifique. Un peu plus loin, des jeunes font des sauts spectaculaires, seuls ou a 2, et un autre saute dans l'eau... sur son VTT ! On n'avait pas pense a ca malgre nos 12 velos qui attendent sur le parking !

Quentin s'entend bien avec tous les plus ages, et ca fait du bien de le voir rire et sourire. Un jour il nous dira : "c'est comme si j'avais plein de grands freres ". C'est sur qu'avec 3 soeurs, il est parfois en manque de copains pendant le voyage, et il a hate de retrouver ceux de France.
Nous resterions bien jusqu'a la nuit dans cet eden, mais il y a encore un peu a pedaler pour rejoindre le camping, avec  douches. Pas fous, dans le dernier camping avant la ville, ils permettent aux gens de se decrasser avant le retour a la civilisation. C'est donc le programme pour la veillee. La baignade dans le lac n'a servi que de prelavage ! La derniere douche remonte aaaaaa, euh... je ne sais plus, et je prefere ne pas vous faire peur... (la reponse est dans le texte, lisez les pages precedentes ! )
Dans le camping, un wapiti se promene tranquillement.
On invite nos amis a venir prendre l'apero pour feter notre arrivee a Jasper. Pendant que les cyclistes pedalaient jusqu'au camping, j'ai rempli le caddie de coca et bieres "a la ville" ! Les arachides et les chips ne font pas long feu, et les boissons promises sont vite avalees ! On trinque a l'amitie !

22 juillet, photos de famille devant le panneau Jasper. Une page va bientot se tourner pour nous. La route vers l'est que nous prendrons bientot nous rapprochera immanquablement du retour...
La pause a Jasper nous permet de passer a la laverie, a la bibliotheque pour lire les mails et donner des nouvelles aux proches. Pour 3 dollars, on peut acheter un gros paquet de livres d'occasion, la bibliotheque fait du tri. Les enfants commencent a bien comprendre l'anglais, nous nous chargeons donc de livres simples pour la fin du voyage. Pique-nique a l'aire de jeux, puis tout le monde pedale jusqu'au camping suivant, a l'est de la ville, apres une pause baignade au lac Anette.



On ne peut pas quitter les Rocheuses comme ca !
Le lendemain, nous partons tous en voiture vers le sud jusqu'au lac Maligne. Canoe, baignade, peche (toujours infructueuse), et balade jusqu'au lac Moose, ou l'on voit... un moose (elan). Mais c'est encore une femelle sans bois donc...
Retour au camping de la veille et marchmallows autour du feu de camp. Michele et moi racontons des contes aux enfants. Les enfants s'invitent dans les tentes, et le lendemain matin, Quentin est invite au petit-dej des quebecois qui mangent bacon, oeufs, et...frites ! Voila de quoi bien demarrer la journee !
Comme on n'arrive pas a se quitter, nous revoila tous a la bibliotheque, au supermarche... la ville est petite, et l'on se croise jusqu'a midi. Mais apres avoir partage un gros bac de glace, il faut bien se faire nos au-revoir : les amis vont rouler jusqu'au sud de la Colombie Britannique pour pedaler la une semaine, ce n'est pas notre direction. Nous nous retrouverons de toutes facons autour du 20 aout chez eux avant l'aeroport...

Frederic se renseigne pour descendre la riviere Athabasca en canoe entre ici et la prochaine grosse ville, Hinton a l'est. C'est faisable et Fred recupere une carte.
Le jour suivant, Fred, Quentin et Juliette pedalent 60 kilometres pour sortir du parc. On leur avait annonce que ca descendait puisqu'on quittait les montagnes, mais pas du tout ! Une boite de glace au gouter requinque tout le monde, mais c'est juste avant la nuit que nous trouvons un jardin ou dormir au bord de la riviere Athabasca.

Le lendemain, nous laissons velos et tentes chez nos hotes, et repartons en voiture dans le parc de Jasper au point de depart que l'on s'est fixe pour la descente de la riviere en canoe. Nous avons choisi les 35 km qui s'eloignent de la route pour ne pas avoir le bruit des voitures toute la journee dans les oreilles.
La riviere est pleine de bras, d'ilots, et la carte n'est pas tres claire. Mais on s'y retrouve et descendons doucement cette riviere dont le nom indien signifie "ou poussent les roseaux ".
A midi, nous stoppons sur une plage de sable noir ou les empruntes d'animaux sont tres nombreuses : castors, biches, elans, huards... mais aucun animal en vue. Comme d'hab, les enfants jouent dans le sable, et c'est cette plage que Colombe choisit pour dessiner son premier bonhomme, magnifique bien-sur !
Nous ne trainons pas car il y a encore beaucoup a pagayer. Enfin nous arrivons au lac brule qu'il nous faut traverser. Une mauvaise surprise nous y attend : tout le cote sud est borde de dunes, et c'est la le terrain de jeu de tout un groupe de motos et de quads ! Glourps ! On a bien fait de choisir le parcours loin de la route ! Plus on avance, plus ils nous suivent ! La, on est surs de ne voir aucun animal...
L'orage s'annonce a l'ouest, bientot nous sommes cernes, le lac est sans fin et Fred est loin devant. Heureusement, je suis avec Quentin qui est efficace quand il pagaie !
Enfin on voit le bout du lac, et le retour a la riviere ou les efforts sont vraiment moindre !

La pluie arrive finalement sur nous, faible d'abord, puis de plus en plus fort ! Nous avons tous mis nos cires, mais de toutes facons, on est trempes ! C'est presque de la grele, l'orage gronde au-dessus de nos tetes, et les enfants chantent a tue-tete ! Pour Quentin, c'est un air d'opera sans parole, pour Juliette, la meme chose en plus aigu. Mailys, elle, invente un texte " quand je serai sous la douche, je tournerai le bouton du chaud jusqu'a ce que je ne puisse plus !" La malheureuse, aucune douche ne l'attend a l'arrivee ! Le tout dans les 2 canoes parralleles donne une belle cacophonie, mais je prefere ca aux larmes et aux ouin-ouin ! Colombe, elle, ne chante pas, elle se tait et se recroqueville pour essayer d'echapper a la pluie. Pauvre minette, elle est trempee !

Enfin nous arrivons ou nous debarquons, a 50 metres de nos tentes. Fred porte seul les 2 canoes jusqu'a notre campement. Puis il s'en va faire du stop pour recuperer la voiture restee sur un parking du parc ! La journee n'est pas finie ! Je m'installe dans le garage des gens pour cuire le diner. Ils ont la gentillesse de sortir pour nous dire qu'il va encore pleuvoir cette nuit, et que l'on peut si on veut dormir dans le grand garage voisin. Alors ca, c'est gentil ! Tout ce que l'on veut, c'est dormir au sec ! Me voila a tout demenager lorsque la pluie se remet a tomber de plus belle, je cours en faisant des voyages avec duvets et matelas, sacs d'habits et vaisselle !
Enfin Fred arrive, avale son diner froid, et vite au lit, on a bien merite notre nuit de repos !
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Canada - Communauté : Voyages à vélo
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 06:37
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Ce matin du dimanche 26 juillet, avant de prendre la route, il y a du boulot.
Rappelez vous, la veille, nous etions sur les canoes sous la pluie !

 Fred, plus courageux que moi pour se lever se met tot a la tache : faire secher notre tente (celle des grands a passe la nuit dans le garage avec nous ), les canoes, les gilets de sauvetage, tout plier et tout ranger. Il a bien plu cette nuit encore, le sol est tout detrempe.
Monter et demonter  le camp chaque jour demande de l'energie et du temps. Quand on n'avait que les velos, c'etait relativement rapide.
 Avec le camion, c'est toute une organisation. Notre coffre n'est pas un coffre mais une grotte profonde, de 50 cm de haut a 80 cm du sol. A chaque fois ou presque qu'on veut ranger ou prendre quelque chose, il faut monter dedans, en se servant de la glaciere comme marche-pied, puis se courber, se pencher voire meme plonger dedans pour extraire l'objet convoite. A chaque fois, on risque de se prendre la fenetre qui ferme le cote superieur du coffre sur la tete, la fixation qui la maintient en l'air n'etant pas fiable a 100%.
Tout cela pour dire que ca nous bouffe pas mal d'energie !

C'est donc en fin de matinee que nous nous appretons, pour de bon cette fois a quitter l'ouest et les Rocheuses, non sans un pincement au coeur. Depuis le Mexique nous sommes au coeur de ces montagnes ou nous avons vecu tant de moments forts.
Dans un mois, nous serons en France, et chaque kilometre vers l'est va nous rapprocher du retour au pays...

Avant que nous partions, nos hotes nous offrent des petits cadeaux.

En route pour 3200 kilometres !

Nous prendrons 1 semaine pour rejoindre l'ouest du Quebec. Entre les limitations de vitesse, les pauses obligatoires, le mauvais etat des routes, meme les principales, (la faute au gel et au degel ), inutile de s'affoler et de rouler non stop. Nous sommes armes de coloriages, sucettes et bonbons, et le travail scolaire reprend, ca occupe les plus grands pendant que les kilometres defilent !
La premiere grosse ville traversee est Edmonton, ou l'on fait une pause a l'hopital gigantesque pour une prise de sang. Ouf, mon ordonnance des Etats-Unis est acceptee, ils n'en n'avaient pas voulu a Jasper. L'examen montre que mon sang manque un peu de fluidite, nouveau dosage de mon medicament que je continue a prendre quotidiennement.

Notre premiere pause pour dormir dans un champ donne le ton : c'est tellement envahi de moustiques que c'est insupportable. On monte les tentes le plus rapidement possible, les enfants patientent dans la voiture. Puis on les fait sortir, le temps de faire pipi, ils se prennent 3 piqures sur les fesses, puis ils s'engouffrent dans les tentes. Zip, zip. les fermetures eclair vont vite ! Heureusement, on avait dine avant ! 
Le lendemain matin, operation inverse, et on file de la ! On petit-dejeune plus loin a une station service, au milieu des camions. Elles sont loin les montagnes ! On profite des sanitaires de la station pour laver les cheveux de tout le monde, a l'eau chaude s'il vous plait, et au chaud !

Nous quittons l'Alberta pour entrer dans l'etat du Saskatchewan. En meme temps que nous allons vers l'est, nous descendons egalement vers le sud, et l'on s'en rend bien compte le soir, la nuit vient beaucoup plus tot. Nous plantons la tente chez Barbara, pres des chevaux et poulains a qui les filles s'empressent d'aller donner du foin. Dans ce jardin, miracle, presque pas de moustique. Nous avions avant de frapper chez Barbara, ralenti 2 fois dans l'allee de maisons, mais le paysage s'etait alors obscursi de nuages de moustiques, nous avions poursuivi notre route !
 
Au petit matin, Barbara nous offre la douche, le the et le cafe. Le tout est bien apprecie.
Nous traversons des kilometres de champs. Des champs comme chez nous,ceux de taille immense sont plus au sud. Du colza, des petits pois, du lin bleu...
Nous entrons dans l'Etat du Manitoba, passons au sud de l'immense lac de Winnipeg, trouvons une aire de jeux pour la pause du midi. Les journees defilent, tranquilles. 
A la nuit tombante, nous demandons l'hospitalite a une jeune femme qui nous dit de lui parler francais. Nous sommes encore loin du Quebec, mais elle nous explique qu'il y a dans cette region toute une population dont la langue maternelle est le francais. Carine, cette jeune femme, est de passage chez sa mere avec son mari et son bebe Elisa si mignonne. On demande a pouvoir diner dans la maison, trop de moustiques dehors, c'est a devenir dingue ! Comment font les gens qui habitent ici ?

Pour le petit-dejeuner, Carine nous a prepare une montagne de pancakes. C'est d'autant plus gentil que sa petite famille part ce matin meme en vacances pour le Yukon, au nord-ouest du pays : 5000 kilometres aller qu'ils feront peut-etre en 2 semaines !  
Nous roulons, roulons, on dirait qu'on va finir par arriver au bout de la Terre a force de rouler toujours dans la meme direction ! Nous sommes maintenant dans l'Ontario, tout proches de la frontiere avec les Etas-Unis.

Fred souhaite que la troupe pedale un peu, le paysage est plaisant, vallone. 
Mailys est de la partie puisque Fred sort le tandem. 15 minutes  et 4 castors apercus plus tard, la pluie s'abat sur eux ! C'est pas vrai, on l'attire ! Le temps que je les rejoigne, ils sont degoulinants, Juliette pleure. Vite, les serviettes, les habits secs... quand tout le monde est hors d'eau, le soleil revient... mais plus personne a part Fred ne veut pedaler, ils ont eu leur compte pour la journee meme si c'etait de courte duree ! Frederic continue seul donc, mais on n'est jamais trop loin au cas ou la pluie revienne nous jouer un mauvais tour !
Nous avons quitter les prairies, sommes maintenant au milieu des forets. Des lacs de toutes tailles jalonnent le parcours. On s'arrete pour observer un elan, mais il est loin, et c'est encore une femelle.
Nous nous arretons dans la petite ville de Wynyard pour la nuit. Fred est toujours en velo. La pluie menace encore, et ce n'est pas un jardin que nous cherchons ce soir mais un garage pour dormir au sec. L'homme a qui nous nous adressons nous dit d'aller voir les gentilles dames de l'eglise, elles trouveront une solution pour nous. Et revoila la pluie, des trombes d'eau ! MARRE, on en a marre ! A croire qu'on s'est trompe de pays, qu'on est en Ecosse ou en Irlande. 
Mais les gentilles dames de l'eglise, apres avoir discute entre elles, sont fieres de nous annoncer que la communaute nous offre le motel ! Nous voila vite au chaud et au sec. C'est rustique et vieux, mais on benit ce don genereux qui nous permet de prendre une bonne douche chaude et de manger a une table, avec des vraies chaises et des vraies assiettes qui cassent. 5 mois qu'on mange dans du plastique ! 
Nous realisons la nuit qu'une fois encore, nous sommes a quelques metres des rails du train de marchandises, et a chaque fois que celui-ci passe, notre canape lit se transforme en train couchette ! Notre cabane en bois laisse passer toutes les vibrations, et pendant toute la duree ou le train nous double, nous sommes berces comme si nous dormions dans le train !

A Vermillon Bay, courses, lingerie et pause internet a la bibliotheque. Les enfants se detendent dans le coin jeux rempli de coussins, de peluches et d'un petit theatre de marionnettes.
Nous roulons ensuite jusqu'a Thunder Bay, au bord du lac Superieur et plantons les tentes derriere la salle des fetes, personne ne les voit. Il y a la une grande aire de jeux, l'ideal pour des enfants qui ont passe la journee en voiture. Le taux de moustiques au metre carre est supportable !

Ce vendredi 31 juillet, nous faisons une pause : nous passons la journee au Fort William, cree en1816, au bord de la riviere. C'est la qu'arrivaient les gens de l'ouest avec peaux et fourrures, les gens de l'est, Montreal, avec des denrees venues d'Europe. Le fort est occupe aujourd'hui par des gens habilles en costumes d'epoque. Il y a le forgeron, les fermiers, le boulanger,ceux qui fabriquent les canoes, des joueurs de violon, de cornemuse, et une joyeuse equipe qui se met parfois a danser et chanter. Beaucoup sont historiquement des metis d'europeens et d'indiens, leurs vetements sont donc un melange de ceux des 2 cultures, c'est particulier.






Nous passons une excellente journee a nous balader et a bricoler. Quentin rabote un manche de hache, les filles enlevent l'ecorce des racines des epinettes qui serviront dans la fabrication des canoes, Fred coud des ecorces de bouleaux deja rassemblees pour faire le montant d'un canoe, Mailys et Juliette traient la vache... Nous faisons cuire du pain dans une poele sur le feu, chantons avec une femme indienne dans son tipi, assis sur des peaux de bete. Colombe joue a la petite indienne avec le porte bebe adapte a sa taille.
 
En fin de journee, nous roulons un peu et demandons l'hospitalite a un couple dans un tout petit village appele Rossport . Nous plantons les tentes a 30 metres du bord du lac, ...et a 15 metres des rails, qui sont au bord du jardin. Ni cloture, ni protections, les enfants pourraient aller jouer sur les rails sans soucis. Pas de barriere non plus au passage a niveau dans le village. C'est pour ca qu'a chaque passage, le train annonce son arrivee a grand coup de klaxon d'un niveau de decibels incroyable.
Nous passons donc une nuit detestable : les trains, le vent, la pluie, les cliquetis des cables des voiliers qui claquent sur les mats. Une veritable tempete se leve, on est contents de la solidite de notre tente, mais on en a marre d'etre en hiver en plein ete, et au petit matin, alors que nous sommes emmitoufles dans nos duvets, je souhaite un bon mois d'aout a Fred, nous sommes le 1er du mois !

Au matin, alors que je suis dans la tente, 3 sardines sont arrachees !
Le voisin d'en face nous invite a venir prendre notre petit-dej dans sa maison en construction. Nos hotes a la retraite sont la pour donner un coup de main. C'est une maison entierement en bois, et Fred, passionne, discute un long moment avec Bill, le proprietaire.
On reprend la route et il pleut presque toute la journee. Heureusement, les enfants sont calmes. On admire pendant 15 minutes une oursonne et son petit batifoller dans les buissons. C'est toujours aussi captivant, meme si on en a deja vu plusieurs fois. Le soir, a Timmins, un couple de retraites nous offre son sous-sol amenage pour la nuit. Neil et Jeanine sont charmants. Nous discutons tout en faisant cuire nore diner dans leur cuisine.

La nuit bien meilleure que la precedente fait du bien a tous. On se presse, une grosse journee nous attend pour arriver ce soir a notre but. On arrive enfin au Quebec. Tous les panneaux sont soudain en francais, meme les panneaux stop ou il est ecrit "arret'.
Longue pause a l'office du tourisme, le programme de ce mois d'aout est encore un peu flou. On n'avait pas fait de plans pour ce dernier mois (sauf celui du canoe), attendant de voir ou le vent nous menerait.
 Pour l'instant, nous nous rendons a la reserve faunique de la Verendrye, a l'extreme sud- ouest du Quebec. L'arrivee a 21 heures au lieu-dit "le Domaine" marque la fin de notre traversee du pays, meme si on n'a pas fini de rouler dans cet etat. Ouf, tout s'est bien passe.
 On dine dans la nuit au bord du lac ou demain, nous demarrerons notre rando de 4 jours en canoe. Le temps annonce n'est pas merveilleux, on verra bien. On voulait realiser ce raid dans l'Ontario, dans le parc Algonquin, ou il y a de nombreux elans. Mais la meteo prevue dans ce coin la est carrement catastrophique ! Alors, Fred nous emmene ici, ou il est venu il y a 15 ans avec des copains etudiants, pagayer 5 jours sur les lacs.
Pour les enfants et moi, cette experience est nouvelle. 
La suite, bientot ! 
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Canada - Communauté : Voyages à vélo
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 04:28
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Ce lundi 3 aout, il nous faut une bonne partie de la matinee pour effectuer tous les preparatifs necessaires aux 4 jours de canot-camping prevus.
Nous sommes au sud-ouest du Quebec, dans la reserve faunique de la Verendrye.
 Au lieu-dit "Le domaine", il est possible de louer des canots, consulter et acheter des cartes detaillees du coin, et ainsi de  choisir un parcours en boucle de lacs en lacs de la longueur et de la difficulte souhaitees.
 Fred choisit un parcours de 35 km, avec 3 portages et 3 rapides de categorie 1 et 2, a notre portee donc. La carte que nous emportons est riche d'informations sur les plages, les aires de camping rudmentaire, les rapides, les barrages de castors...
 
Nous avons nos 2 canoes, mais louons un 3eme pour avoir la place necessaire au transport de notre materiel. Nous emportons bien empaquetes dans 2 epaisseurs de sacs poubelle nos 6 duvets, 6 matelas, 2 tentes. Un sac poubelle suffit pour les vetements : une tenue chaude et un pyjama par personne. La journee, nous serons en maillot de bain, tee-shirt et tenue de pluie si necessaire. Un sac pour la batterie de cuisine, 2 sacs etanches pour la nourriture, 2 baches. Nous emportons quelques gourdes et le filtre a eau qui n'a pas servi depuis le Mexique ! Nous serons donc en complete autonomie. Nous n'oublions pas la bombe anti-ours donnee par Jeff a Livingston, ca peut servir. Un petit sac a dos avec les lampes frontales, l'appareil photos, et quelques bonbons pour se remettre des coups durs !
Quentin et Juliette sont d'accord pour prendre un canoe seuls. Fred monte dans le canot de location, plus difficile a manoeuvrer avec une pagaie simple. Je prends le 3eme canoe avec Colombe ou Mailys qui montent aussi avec Fred. C'est lui qui porte presque tout le materiel, son canoe est plus grand et plus costaud, et puis, c'est un homme !

Des le depart, nous avons le vent de face, et il ne faut pas mollir pour avancer.  Sans carte, on ne pourrait pas s'en sortir : nous n'avons pas l'impression d'etre sur un lac mais dans un labyrinthe de canaux aux iles innombrables. On ne sait jamais si on longe la cote ou une ile, et partout, les coniferes et bouleaux envahissent l'espace.
Le contraire nous aurait etonne, une petite pluie fine puis plus forte vient agrementer notre balade. On sort les cires et on continue. Mais rapidement, on voit bien que Quentin et Juliette ont un probleme, Quentin sort de ses gonds : le canot est perce ! 
Les 2 grands sont dans le canot qui etait deffectueux des son achat, que Frederic a deja repare.
On accoste dans les rochers en plein vent, pas facile de sortir tout le monde de son embarcartion. Pique-nique rapide, on a froid, on est mouille, beau debut ! On vide le canot de son eau, le regongle, mais Fred ne mettra sa colle que ce soir pour que ca seche durant la nuit, il faut donc continuer ainsi.
 Que j'echange de canoe avec eux n'est pas possible, le mien a un defaut : les 2 supports d'ailerons sous le bateau n'ont pas ete colles droits, ce qui fait que le bateau a une facheuse tendance a aller vers la gauche. Par temps calme, on s'en sort, mais s'il y a du vent, il faut pagayer 4, 5 coups a gauche pour un coup a droite, c'est vite epuisant. Parfois meme, pour aller tout droit, je ne pagaie qu'a gauche... Pas parfaits nos canoes !

La pluie s'est arretee quand nous arrivons  au premier portage de 180 metres : un petit bout de terre entre 2 lacs nous oblige a vider les canoes de leur contenu, tout transporter sur le sentier, puis tout remettre a sa place avant de naviguer a nouveau. C'est parti pour le demenagement ! Les enfants aident bien et gentiment, c'est deja ca. Colombe s'est endormie alors qu'on pagayait, elle n'est donc pas dans nos pattes, c'est bien aussi ! On porte a 2 le canot de location, ( on a reveille Colombe qui marche a nos cotes ), et Fred porte seul nos 2 embarcations (une a la fois !) sur le dos, 25 kg chacune.







Un petit snack s'impose avant de repartir !
 Mais 100 metres plus loin, il faut recommencer, et la, le sentier est de 330 metres. On porte les gros sacs, Mailys porte les pagaies, Juliette et Quentin aussi ainsi que les sacs moins lourds. Je souhaiterais que Mailys reste avec Colombe au bout du sentier pendant que nous faisons les allers et retours, mais elle craint la visite d'un ours ou d'une autre grosse bete et refuse. Nous voila donc avec Colombe qui veut qu'on marche a son rythme, met les pieds dans la boue, se prend les pieds dans les racines, tombe et pleurniche. On est contents quand on a finit !

Encore quelques coups de pagaie et l'on arrive a un lieu de campement signale par un panneau visible de loin. Une plage, un emplacement pour le feu, et des sites degages pour les tentes. Nous voila tels des Robinsons, surtout qu'avec le paysage et la vegetation dense, on se croirait parfois en milieu tropical. On arrive a trouver du bois sec pour le feu, on etend le linge sur les buissons pour qu'il seche, et on sort enfin les habits chauds et secs. On dine a la nuit et couchons la troupe. Je reste seule dans le noir pour faire la vaisselle et tout ranger. Je ne suis pas rassuree de faire mes allers et retours entre le lac ou je prends de l'eau dans la bassine, et le campement pourtant tout proche ou je lave les gamelles. J'aimerais pas me retourner et voir briller les yeux d'un ours !

Le lendemain, nous avons la chance de dejeuner et plier le camp au soleil.

Pas de vent, c'est plus facile pour avancer. Mais rapidement une pluie diluvienne s'abat sur nous. On choisit de s'arreter, de s'abriter sous un arbre. Mais bien vite ca ne suffit plus. Frederic nous sort la grande bache plus efficace ! Quand les nuages s'eloignent enfin, nous repartons. Nous scrutons les rives dans l'espoir d'apercevoir un castor, nous avons vu pusieurs maisons leur appartenant, mais ils sont bien caches. Nous n'en verrons aucun de toute la randonnee !

Oh, chance, nous avons un rayon de soleil pour pique-niquer sur une plage, on seche un peu. Mais l'apres-midi, la meteo ne va pas nous faire de cadeau. La pluie reprend sa cadence infernale. On continue a pagayer, il faut bien avancer ! On est completement trempes, nos visages degoulinent, et en plus, il faut lutter contre le vent. Juliette craque : "c'est trop dur" dit-elle.J'essaie de la rassurer, et de lui remonter le moral en lui disant que plus tard, elle sera fiere de s'etre battue dans la tempete ! 
Les orages se succedent dans le loin puis se rapprochent. Bientot, c'est l'apocalypse, l'orage est au-dessus de notre tete, fait un boucan du diable, la il faut s'abriter. On trouve un rocher ou poser pieds, on se tasse, assis ou accroupis sous la petite bache bleue, pendant que la pluie tambourine de plus belle,. Le temps passe et il commence a faire presque chaud la-dessous ! On est bien, les larmes ne coulent plus.
Seule Colombe a froid, veut ses habits. Mais je reste ferme, je les garde secs pour ce soir. Je lui enroule ses jambes nues dans un pareao, ces grands morceaux de tissu nous auront bien servis pendant le voyage.
3 fois Fred pense que l'on peut repartir, 3 fois la pluie se remet a tomber. Je chante "Jean Petit qui danse" aux enfants, mais leur attention est ailleurs, ils guettent le moment ou l'on va pouvoir repartir. Enfin, ce mement arrive, apres plus d'une heure tout de meme. On presse les enfants pour arriver au lieu de camp avant la prochaine averse.
Pendant que nous approchons enfin de la plage ou nous allons accoster et nous installer, une chose incroyable se produit : alors que tout est dans le gris, un rayon de soleil vient illuminer ce petit bout de terre. C'est une vision vraiment magique, et ca rechauffe nos coeurs et nos corps !
Quentin et Juliette sont les premiers a accoster, ils sortent de leur canot,  sautent et crient de joie, comme s'ils avaient lutte 15 jours dans la tempete et decouvert une nouvelle terre ! Le bonheur peut se resumer a bien peu de choses ! Savoir se contenter de ce que l'on a. Etre heureux de ce que l'on a sans etre triste de ce que l'on n'a pas. C'est ce que je repete souvent aux enfants quand ils ralent pour un detail . Et la, ils n'ont rien, qu'une pagaie a brandir comme un trophee et un rayon de soleil pour les rechauffer, et ils sont heureux. Et nous sommes fiers d'eux.

Nous etendons toutes nos affaires pour qu'elles sechent et preparons le diner sur le rechaud a essence.

Le lendemain matin, la cuisson des pancakes au feu de bois est longue car le bois est humide et le feu ne tire pas.

Ce matin il fait beau. Il n'y a pas trop de vent et il souffle de travers. Fred confectionne une voile avec 2 pagaies et une bache pour se faire plaisir et faire avancer son gros canot. Il en profite meme pour pecher a la traine : 2 mains sur la pagaie pour diriger et avancer, un pied pour tenir la voile, un oeil sur la canne a peche et l'autre sur la direction !
Nous contournons une ile puis faisons une pose pipi. En remontant la ligne : un brochet de 30 - 35 cm est venue mordre a l'hamecon. Ce poisson la il s'est fait attendre, depuis le temps que Fred peche sans rien remonter !

Une courte averse s'abat sur nous puis le soleil revient et des Canadiens anglophones viennent acoster. Ils ont 2 jeunes enfants. Nous sympathisons et nous nous retrouvons plus tard sur une plage pour pique-niquer autour d'un petit feu de bois pour le fun ! Ils ouvrent des yeux ronds devant notre peu de bagages ! Ni glaciere, ni autre superflu, ils n'en reviennent pas. Tout comme les americains ils sont genereux et partagent biere et autre lunch. Nous proposons de partager notre salade composee dans notre tupperware, mais cela ne doit pas sembler tres appetissant car ils n'en veulent pas ...
L'apres-midi est animee par le passage de rapides et un portage pour eviter une petite chute d'eau.
Nous allons en reconnaissance puis Fred se lance avec Quentin a l'avant. Les filles attendent sur le sentier tout proche. Ensuite, Quentin, en pleine forme, veut tenter de le passer seul dans son canot. Il s'en sort comme un chef ! Il se joint a moi pour passer le 3 eme canoe, sans encombre. Il n'en n'a pas eu assez et voudrait que l'on remonte un canoe pour recommencer ! 
Le second rapide est plus facile et tout le monde embarque. Pour le dernier rapide de classe 2, les filles sont a bord, et ca leur plait, les apprehensions sont passees !

Pour la forme, un dernier petit portage, et nous revoila dans le lac du premier jour, mais a l'autre bout. 
Les eaux sont calmes, pour une fois, on ,n'a pas a lutter contre le vent !
On s'installe a une aire de campement pour groupe, il y a de la place, et l'endroit est bien agreable. Quentin, toujours devant, est alle a l'autre campement, sur l'ile d'en face, et il lui faut pagayer 10 minutes pour nous rejoindre.
Feu de camp, marchmallows, nous profitons de ce dernier soir seuls dans la nature au bord de l'eau.

Le lendemain, grand soleil, nous prenons notre temps pour ne pas revenir trop vite a la civilisation !
Pique-nique sur une plage au soleil, ca fait tellement longtemps qu'on n'a pas senti la chaleur de ses rayons sur nos visages, c'est divin !
Puis il faut bien se resoudre a rentrer a la base. Tout rincer, tout plier sans secher, la pluie nous a rattrappes, on fera secher plus tard ! Tout tasser dans le camion. Les sacs d'habits sentent le moisi, c'est l'horreur !

Nous avons vecu 4 jours une nouvelle experience a laquelle tout le monde s'est adapte, malgre les moments difficiles. Pagayer en pleine nature, seuls ( nous n'avons croise que 2 familles en 4 jours ), chercher son campement puis s'installer comme des Robinsons, jouer sur la plage au soleil apres des heures sous la pluie, je pense que ce moment du voyage restera dans les memoires des enfants ! Quentin nous a montre un reel gout pour le canoe. C'est sur, on recommencera !



 
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Canada - Communauté : Voyages à vélo
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 16:40
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Apres ces 4 jours de canot, nous roulons 1 h 30 vers le sud en direction du lac Beaulieu, a 2 h au nord d' Ottawa, mais toujours au Quebec.
Nous devons y retrouver nos amis canadiens Harold et Penny. Lui est quebecois, elle est d'origine chinoise, nee en Afrique du Sud, arrivee au Canada a cause de l'apartheid quand elle avait 13 ans.
Nous etions presque voisins lorque nous habitions Chartres de 2000 a 2002, puis ils sont rentres au pays. Les au revoirs furent bien difficiles, et nous avions promis de venir les voir un jour. C'est en grande partie pour cela que nous avons traverse tout le Canada, plutot que de rester a l'ouest pour nos 6 semaines passees dans le pays.

Et voila que 7 ans apres Chartres, nous nous retrouvons dans cette petite maison au bord du lac Beaulieu ou ils sont pour les vacances . Joie des retrouvailles ! Leurs 2 filles bilingues, Gabrielle 11 ans et Alexa presque 9, voient elles arriver 4 enfants dans leur petit univers tranquille, il faut un peu de temps pour que le contact se fasse !
Petite plage, pedalo, terrasse au dessus du lac, jacuzzi avec vue sur le lac et confort d'une maison sont les ingredients qui vont nous requinquer pendant 2 jours.

On realise aussi du coup qu'on est quand meme bien fatigues ! Ce voyage que l'on peut qualifier de grandes vacances si l'on veut n'est pas toujours de tout repos ! Et la, on ecrase ! Surtout qu'avec Harold et Penny, nous sommes aux petits soins : ils aiment la bonne chaire et surtout le bon vin, on passe vraiment du bon temps et goutons de nombreux vins du pays pas mauvais du tout !
La pluie oublie meme de nous rendre visite ! C'est en fait les premiers beaux jours pour l'Est du pays, et tout le monde apprecie.
Le dimanche 9 juillet, nous rendons le chalet, et suivons nos amis jusqu'a leur maison en banlieue Est d'ottawa ou nous allons rester quelques jours.

La encore, nous sommes aux petits soins.
On n'entend pas Quentin qui se plonge dans les livres en francais de Gabrielle. Lui qui aime tant lire a ete bien souvent en manque de lecture !
On n'entend pas non plus les filles qui ont etale sur la moquette du salon tous les tresors de leurs nouvelles amies.
Nous lavons tous les habits, ceux qui ont servis au canoe, et les autres : le coffre de la voiture prend la pluie, et tout sent le moisi, c'est horrible !
On passe un temps fou sur l'ordi pour mettre des annonces pour vendre la voiture, ou pour avancer le blog ou nous avons pris beaucoup de retard. Les nuits sont courtes !
La visite de la ville est bien agreable. Canaux, ecluses, rivieres, vieux batiments...Au point de vue sur la ville depuis le parlement, ce qui saute aux yeux, c'est le nombre d'espaces verts. On dirait vraiment la ville a la campagne. On ne peut pas voir la meme chose en France, c'est bien dommage.

On entend parler des touristes francais, c'est un etrange sentiment qui nous envahit en se rendant compte que nous sommes la comme n'importe quelle famille venue visiter le Canada pendant l'ete !
Il nous reste quelques jours avant de reprendre l'avion, assez de temps pour vivre encore un peu d'aventure !
Nous avons beaucoup regarder les cartes et reflechi avant de prendre une  decision, plusieurs possibilites s'offraient a nous :
rejoindre nos amis avec qui nous avions pedale dans les Rocheuses. Ils pedalent en ce moment vers les Chutes du Niagara. Quand on regarde la carte, beaucoup de routes et d'autoroutes, ca ne nous tente pas trop, meme si on aurait bien envie de partager encore un bout de chemin avec eux.
Monter jusqu'a Tadoussac au bord du fleuve Saint Laurent pour tenter de voir les baleines, mais on ne sait pas si les bords de route sont adaptes au cyclisme. Et puis, pedaler de ou a ou ?
J'aurais personnellement bien envie d'aller sur la cote Est du Quebec, et meme plus loin, jusque sur l'ile du Prince Edouard. Le paysage est magnifique : villages de pecheurs aux maisons multicolores, phares anciens, cote rocheuse, le tout ressemble un peu a la Bretagne, un paysage que nous aimons tous les deux. Mais la, c'est un autre voyage, c'est loin et il y a tant a voir.

Finalement, nous decouvrons l'existence d'une voie verte entre Quebec et Montreal. C'est une piste cyclable qui emprunte une ancienne voie de chemin de fer sur une bonne partie du parcours. Elle traverse la campagne quebecoise sans longer les autoroutes, puisqu'elle fait un crochet au sud avant de repartir vers l'ouest en direction de Montreal. La piste passe a quelques kilometres de chez nos amis chez qui nous finirons notre voyage, a l'Est de cette grande ville.
Le nombre de kilometres a effectuer neccessite 6 a 7 jours de velo, impeccable.
Le mercredi 12, par un chaud soleil, nous faisons nos adieux a nos amis, puis prenons la route vers le nord, vers la ville de Quebec.

Dur pour les enfants de quitter tout ce confort pour repartir dans l'itinerance. Au bout de 5 mois de voyage, ils continuent a nous poser la question : on dort ou ce soir ? Alors que la reponse est invariablement la meme : on ne sait pas !
Pas facile tous les jours pour des petits francais d'etre nomades . Surtout que le rythme et les activites changent souvent : velo, canoe, randonnee ou voiture, camping precaire ou confort d'une maison pour un soir... il leur faut sans cesse s'adapter.
En fin de journee, nous apercevons la ville que nous visiterons demain.


 
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Canada - Communauté : Voyages à vélo
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 22:10

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Ce mercredi 12 août, en début de soirée, nous arrivons dans la ville de Québec.

Nous nous rendons chez une amie de ma tante qui était impatiente de nous accueillir. Mais n'ayant décidé que 2 jours auparavant de notre programme, nous avons fait des mails tardifs qui sont restés sans réponse. Nous tentons quand même notre chance, et cherchons sa maison sur les hauteurs de la ville.
Malheureusement, Lina n'est pas là; Nous décidons d'attendre un peu devant sa maison. Une jeune femme passe, promenant  son petit dans le doux soleil de cette fin de journée. Elle ne connait pas Lina, mais nous propose son aide si on a besoin. Elle revient plus tard nous dire qu'elle nous laisserait bien planter la tente en bas de son petit immeuble, mais elle n'est que locataire... Un ami de Lina habitant 2 maisons plus haut nous a vus et vient nous informer qu'elle ne rentrera que dans quelques jours.
 Finalement, Mélissa, la jeune femme, revient triomphante en disant qu'elle a une solution. Elle nous dit de la suivre en voiture jusque chez ses beaux-parents : elle leur a téléphoné, ils habitent à 5 minutes de là, ont un sous-sol aménagé avec chambres et salle de bains. Ce sont des gens qui voyagent et ils seront ravis de nous accueillir...
Nous sommes scotchés par la gentillesse de cette jeune femme très souriante qui ne nous connait pas, mais qui a eu envie de nous aider.
Nous suivons Mélissa et arrivons bien vite dans un quartier résidentiel très arboré et agréable.
Elle nous laisse chez ses beaux-parents en nous disant qu'on est entre de bonnes mains. Nous ne savons pas encore à quel point elle dit vrai.

Nous voilà chez  Jacques et Lucie, qui nous accueillent comme si on avait réservé une chambre d'hôte. On sent tout de suite chez eux une bonté sans limite. La gentillesse des américains du nord nous suprend encore malgré toutes les magnifiques rencontres que l'on a déjà faites.
Nous nous installons donc dans 2 chambres, refusons de dormir dans les draps, ( on est très bien dans nos duvets), sortons donc nos sacs de couchage que nous installons sur les lits, et profitons de la salle de bain.
Lucie nous propose sa cuisine pour préparer notre diner, et la discussion démarre. Nous racontons qui nous sommes, le voyage, nos hôtes nous écoutent avec attention. Comme souvent, je raconte mes ennuis de santé qui ont transformés le cours du voyage. Mais nous sommes heureux d'être arrivés jusque là, et je crois que ça se sent.
 Le courant passe tout de suite, et à la fin du repas, nous nous sentons vraiment à l'aise. Impossible de faire notre vaisselle, Lucie lave et Jacques essuie avec un beau torchon tout blanc nos assiettes en plastique ! Elles brillent !

Le lendemain, une journée magnifique s'annonce, tant mieux, nous allons visiter la ville de Québec.
Nous prenons le bus pour nous rendre dans le centre. Colombe est sur mes genoux, les 3 autres pas bien loin de moi. Une dame âgée passe devant moi pour sortir du bus, me regarde, me sourit et me dit "vous êtes bien courageuse" ! Si elle savait d'où on vient...
Nous commençons notre promenade par le port et le marché couvert. On ne peut pas se tromper, nous sommes au Canada : les étals de sirop d'érable succèdent aux paniers petits et grands de bleuets. J'en profite pour résoudre une enigme personnelle : les bleuets sont-ils des myrtilles ? Et bien non. Quand on ouvre un bleuet en deux, le coeur a la couleur d'un grain de raisin vert avec des petits points. Et le gout n'est pas tout à fait le même. Pourtant, l'aspect extérieur est vraiment semblable. Mais il y a les bleuets sauvages, petits comme des myrtilles, et il y a les bleuets cultivés, beaucoup plus gros. La framboise aussi est cultivée, elle est donc moins rare qu'en France. Les canadiens la consomment facilement. 
Ce marché est donc un régal pour les yeux et pour les papilles. Nous goutons les vins, les canneberges séchées (baies sauvages semblables à l'églantine), les fruits rouges...

Puis nous montons dans la vieille ville. La, où que l'on soit, le fleuve Saint Laurent est visible, majestueux.
Les rues sont bondées de touristes, trop heureux comme nous que l'été se soit enfin décidé à arriver. La moindre placette est occupée par des artistes qui attirent la foule, montrent leurs talents et sortent leurs chapeaux pour qu'on y mette une pièce. Ils sont seuls ou à deux, et connaissent leur numéro sur le bout des doigts. Nous nous laissons prendre au jeu et restons de longs moments à regarder ces spectacles de rue, souvent de grande qualité.


Sur l'esplanade située juste au pied de l'imposant chateau, des hommes et femmes de la Marine sont en costume d'époque, et bientôt le spectacle commence.
Ils nous jouent la scene de l'entrainement du tir au fusil.Un immense drapeau tenu par un homme claque au vent, tandis que les courbettes du protocole sont accompagnées par des fifres. Tout le monde se bouche les oreilles quand ils tirent . Ils rejouent la scene ensuite en accéléré comme si l'ennemi était en face. A chaque fois, ils découpent avec leurs dents un petit sachet de poudre, crachent le bout de papier sur le sol, et le plancher est bientôt recouvert de petits papiers blancs. Le chargement des fusils est tout de même assez long et l'on espère pour leurs ancêtres que l'ennemi de l'autre côté du fleuve avait du matériel identique, ou au moins pas plus sophistiqué ...
En fin de journée, les terrasses des restaurants sont complètement bondées, et les files d'attente sont longues ! L'été est court, et il faut profiter des chaudes soirées d'été quand il y en a !
Nous rentrons tard chez Jacques et Lucie qui sont sortis mais qui nous ont laissés les clés.

Dans la nuit, je me réveille et sens que quelque chose ne va pas. Je réveille Fred qui réveille Jacques qui appelle le SAMU local. Je fais en fait une crise d'hyper-ventilation, mais ça je ne le saurai que plus tard, je n'ai jamais eu ça puisque avant ce voyage, je n'ai jamais eu aucun problème de santé, même pas l'opération de l'appendicite !
Les médecins du SAMU arrivent, me mettent sous oxygène,  puis m'examinent et m'embarquent. Fred suit en voiture, et on laisse les enfants à nos hôtes qui s'en occupent comme de leurs propres petits enfants. Dans l'ambulance, tout doucement, la crise passe. Mais je ne sais toujours pas ce qui m'est arrivé. Je suppose juste que je n'ai pas fait une autre embolie puisque je n'ai pas eu mal.
A l'hôpital, on me laisse sur un lit dans le couloir, sous les néons. Il est 4 heures du matin, et je resterai au même endroit pendant 14 heures.
Dans la matinée, vu mes antécédents, ils me font des examens aux poumons, puis ne s'occupent plus de moi de toute la journée. Les enfants passent me faire un petit coucou. Je reste agen, au cas où ils veuillent faire d'autres examens, attendant que le personnel soit un peu moins débordé pour avoir le verdict de ce qui m'est arrivé. Enfin, à 18 heures, le medecin prend 2 minutes pour venir me dire que j'ai fait une crise d'hyper ventilation. Mes poumons vont bien, mon sang est parfait, aucun problème pour prendre l'avion dans 10 jours, et je peux partir !
Fred vient me chercher, et m'annonce que Lucie et Jacques nous attendent avec un grand plat de lasagnes ! Nous passons acheter une tarte pour le dessert.
En arrivant devant la maison, nous voyons Lucie qui nous attend sur le trottoir avec les filles.
A ma descente de voiture, elle me sourit, ouvre ses bras et me serre contre elle, comme si j'étais sa propre fille. C'est tellement émouvant, tellement incroyable..., je n'ai pas de mot pour lui exprimer ma gratitude. Mais qu'elle sache que je n'oublierai jamais sa gentillesse.
Les enfants ont été à la piscine et au parc de jeux avec Fred aujourd'hui. Ils ont aussi dessiné de nombreux dessins pour moi et je suis bien gatée.
Nous passons une bonne soirée avec nos nouveaux amis et les enfants en pleine forme, heureux que l'on soit à nouveau tous réunis. C'est très chaleureux et ça fait chaud au coeur après ces nouvelles émotions !

 Il nous reste 6 jours pour rejoindre la maison de nos amis Dury près de Montréal. Nous avons les cartes pour que Fred et les 3 grands pédalent sur la voie verte. Nous rangeons tout notre bardas pour être prêts à partir le lendemain matin.

Le samedi 15 août, après de chaleureux aux-revoirs à Jacques et Lucie, nous reprenons la route. Il y a une piste cyclable pour sortir de la ville, et même pour passer le pont au-dessus du Saint Laurent.
Nous allons pendant quelques jours rouler vers le sud, légèrement vers l'ouest, puis bifurquer plein ouest.
Régulièrement avec Fred, nous regardons la carte et nous fixons des rendez-vous pour ne pas nous manquer. Pour l'instant, la piste longe à peu près la route, et nous retrouver n'est pas trop compliqué. 
Nous sommes rapidement en pleine campagne québecoise. Des champs, des vaches, des fermes, et beaucoup de fleurs le long des routes. C'est plat, facile, même si la piste est souvent en fin graviers. Les vélos se couvrent rapidement de poussière.
La voie verte est une ancienne voie de chemins de fer, et tout est fait pour le rappeler aux cyclistes : dans chaque village, l'ancienne gare est intacte, transformée en atelier de tissage, en salle d'exposition, en office de tourisme ou en salle de repos pour les cyclistes. A chaque fois, à l'extérieur, des tables à pique-nique à l'ombre, un point d'eau, et des panneaux d'informations sur la vie du village au temps du chemin de fer.

Le premier soir,à Dosquet, nous dinons sur une de ces tables et demandons à planter la tente dans le champ du voisin. Nos contacts se sont arrêtés là.
La route continue, le paysage change peu, on se croirait parfois en France. Les champs sont à taille humaine, des petits bosquets les bordent parfois. 
Dans une petite ville ou l'on s'arrête pour la pause gouter, des enfants jouent dans les fontaines : des tas de jets d'eau sortent du sol. Nos enfants sont vite en maillot de bain. Ils passent un long moment à courir et jouer avec les jets. Vu la chaleur, ça leur fait un bien fou ! Moi, je préfère la douche aménagée dans l'ancienne gare !
Nous sortons de la ville et demandons l'hospitalité à une maison où il y a un trampoline. Il doit bien y avoir des enfants !
Le propriétaire nous écoute et nous autorise à planter les tentes dans le jardin. Stéphane a 4 enfants. Sa femme, absente, travaille en maison de retraite. Les 2 derniers enfants ont l'âge de Maïlys et Colombe. La troupe saute sur le trampoline, les grands plantent la tente et Quentin demande à emprunter des livres.
Stéphane est mécanicien, il aide Frederic à changer la poignée de la porte avant de la voiture. Elle était tellement difficile à ouvrir qu'un jour, dans les Rocheuses, en s'enervant dessus, Fred l'avait arrachée ! Depuis, il fallait ouvrir la fenêtre pour ouvrir la porte de l'extérieur quand on était à l'intérieur... mais bientôt, la voiture sera vendue et il faut la remettre en état. Fred a trouvé une poignée dans une casse, et la met en place avec notre hôte, ça marche ! 

Au petit matin, Stéphane et sa femme sont déjà partis au boulot, et c'est la grande soeur de 13 ans qui gère la maison. Rapidement, la piste, de moins en moins plate, et la route principale ne se longent plus. L'autoroute s'en mêle, les pistes, (pour voitures) marquées en gris clair sur la carte sont parfois les routes les plus proches de la piste des vélos. Je cherche, fais des demi-tour, m'énerve sur le choix de la piste à prendre. Sont-ils déjà passés de l'autre côté de l'autoroute ? La piste n'y va pas, ... c'est un hasard si l'on se retrouve à un carrefour de nos chemins pour le gouter ! Il fait très chaud, l'équipe est crevée. Ces chemins de terre que je prends me permettent de voir une belle campagne, où, de ci de là, sont implantées de belles fermes anciennes en bois aux couleurs chatoyantes...  Pas trop le temps de les admirer, je cherche mes cyclistes !
En fin d'après-midi, les sportifs expriment le voeux de trouver une maison qui leur offrira un moyen quelconque pour se rafraichir et effacer un peu la fatigue. Sauna, jacuzzi, et masseuse serait beaucoup demander, mais au moins un tuyau d'arrosage !
Après avoir longé de nombreuses petites maisons aux terrains en pente, nous voilà devant un immense jardin plat, bordé d'arbres, avec en son milieu une maison et une haute haie. Ce serait bien dommage qu'avec une étendue d'herbe pareille, ils nous refusent de planter la tente !  Nous avançons dans l'allée et annonçons notre requête qui est tout de suite acceptée. 1 minute plus tard, la propriétaire nous dit qu'on peut aller se rafraichir dans la piscine ! On ne l'avait pas vue, cachée derrière la haie ! Mais le sourire est sur toutes les lèvres !
La piscine est magnifique. Il y a même sur la terrasse une table de jardin. On est à peine en maillots de bain que notre hôte nous apporte un immense plateau de crudités, sauces, et des jus de fruits frais ! On n'a plus qu'à faire griller nos saucisses ! Les cyclistes ont pédalé plus de 70 km aujourd'hui, mais la fatigue est bien vite oubliée et les enfants s'en donnent à coeur joie dans l'eau.
Un peu plus tard, nous faisons la connaissance de Léonard, le mari, qui revient du golf. Lui, sa femme, et la famille présente sont très intéressés par le récit de voyage que leur fait Fred. Pendant qu'il discute, je fais défiler la troupe dans la salle de bains pour le lavage des dents, et au lit ! Enfin, "au duvet" !

Le mardi 9, piscine et petit-déj avant de démarrer le vélo. Fred part avant moi avec les 3 grands. Premier rendez-vous, le parc Saint François de Sherbrook, non loin de là. Moi, je reste un peu afin d'avancer le blog avant de partir. Fred me dit : "RDV vers 11h30"
Et ce qui pouvait arriver arrive : on s'est cherchés ...toute la journée... !

Quand j'arrive au parc Saint François de Sherbrook, l'heure du rendez-vous est passée, et il n'y a personne. J'avance donc, pensant qu'ils ont continué. En fait, Fred n'y est pas encore.
 Et aujourd'hui, la piste ne longe pas du tout la route, dur dur pour les retrouver. J'essaie d'évaluer où ils peuvent être, m'arrête, demande à des cyclistes sur la piste s'ils n'ont pas croisé un tandem, un papa et 3 enfants. Enfin, vers midi, un couple me dit "oui, on les a vus ! " Ils sont donc entre ce parking et le prochain village,  North Hatley. Ouf, je reprends espoir de les retrouver. Malheureusement, l'info est fausse, ce n'était pas eux. Je continue à penser qu'ils avancent alors qu'en fait, ils m'attendent derrière. Je tourne en voiture encore et encore dans ce joli petit village en bord de lac. Combien ai-je fait de demis tours dans cette journée maudite ? je ne les ai pas comptés, mais un certain nombre.
Je continue à avancer, prends une piste pour recroiser la piste cyclable. Je finis par m'arrêter à une maison pour demander à appeler nos amis de Montréal. C'est notre seul lien puisque nos téléphones achetés aux US ne marchent pas ici. Je laisse un message à Michèle, fixe rendez-vous à Fred  dans le secteur où il voulait arriver ce soir. Mais il avait sous estimé le parcours et il leur faudra en fait la journée du lendemain pour pédaler jusque là ! Je fais aussi un mail à Fred sur notre propre boite e-mails. Je repars avec 2 muffins aux bleuets. La dame me dit de mettre ça dans la bouche de Fred s'il s'énerve quand on se retrouvera ! 
Heureusement, Colombe est toujours aussi sage et supporte ces heures de voiture sans broncher, et presque sans manger, je ne prends même pas le temps de faire une pause déjeuner. Quelques biscuits font l'affaire pour nous deux. Bien-sûr, c'est moi qui ai le pique-nique, les cyclistes n'ont rien à manger. Heureusement, Fred a de l'argent. Dans l'après-midi, l'orage éclate, il pleut fort, c'est la cerise sur le gâteau ! Mais où sont-ils ?

 La journée se passe ainsi, à réfléchir, tourner et tourner encore,me pencher sur les cartes, chercher les carrefours entre nos 2 routes. Ont-ils pris le bout de piste dans la montagne ? Ont-ils pris la route ? Je connais Fred, il avait dit la veille : "si t'es pas là j'avance ", et je suis sure qu'il avance !
Mais je me trompe, il est bien loin derrière. En fait, ils sont arrivés 1 heure plus tard au RDV du parc, et comme nous n'avions aucun autre point de repère pour se retrouver, Fred a décidé d'attendre que je revienne en arrière ! Au bout de 3h, Fred va dans la librairie en face du parc et demande à pouvoir téléphoner. Il appelle la police, l'hopital, puis recherche le numéro de téléphone de nos hôtes de la veille (pas facile sans leur nom de famille !), mais tout ça sans résultat. En dernier recours, Fred appelle Michèle de Montréal et apprend le message de Marie. Comme le nouveau RDV est trop loin, il en fixe un plus proche à Deauville (au bord du lac ici, pas au bord de la mer ! à 25 kms) et ils reprennent les vélos pour sortir de Sherbrook. Pas de chance, l'orage leur tombe dessus et ils doivent attendre que la pluie se calme.
Je finis par rouler jusqu'à mon point de rendez-vous fixé par l'intermédiaire de Michèle. Il n'y a personne bien-sûr, et je rappelle notre amie. Il est 20 heures quand même et je n'en peux plus nerveusement. Michèle me fait pousser un soupir de soulagement " je sais où est ton mari !" Il m'attend à la stations Esso de Deauville depuis 17 h30.
Il me faut 45 minutes de route encore, en marche arrière pour les retrouver.
Il est 21  heures passées quand je retrouve enfin mes petits chéris et leur Papa. Je vous passe les retrouvailles, un peu énervé le papa ! Et moi, vidée.

 Esso fait face à 2 friteries, mais les enfants n'ont eu que les restes du pique-nique du midi pour le diner et ont faim. Je décide de traverser la route avec eux pour qu'on se paie une frite. Ca fait du bien dans ce genre de situation ! Mais dans ce pays où l'on dîne tôt, c'est déjà fermé à 21 heures !
Il fait nuit noire quand nous nous rendons à un parc de jeux repéré par Fred où nous comptons planter la tente. A peine avons-nous déballé les tentes qu'un gardien se pointe. Bon, il tolère notre présence, mais on ne l'a pas vu au cas où la police ou l'autre gardien fasse son tour ! On s'en fout, on est tellement crevés, énervés, qu'elle peut bien venir la police, on est prêts à tout ! Une petite pluie fine nous tient compagnie pendant qu'on monte les tentes et grignote (encore) quelques biscuits qui feront office de dîner. Aucune envie de sortir la batterie de cuisine, le réchaud et les pâtes à cette heure avancée !
Juste dormir et passer à la journée suivante !  

La nuit se passe sans encombre, et pendant le petit-déj, ce sont des engins de chantier qui nous tiennent compagnie.
Depuis hier, les cyclistes ont quitté l'ancienne voie de chemin de fer, et désormais, le tronçon de piste emprunté se nomme "la montagnarde".
La route à prendre aujourd'hui, je l'ai faite 4 fois hier, j'ai tout repéré : les carrefours piste cyclable et route, les côtes, le coin pour pique-niquer... !
Aujourd'hui, c'est plus simple pour suivre les vélos. Aucune envie de revivre la journée d'hier !
Premier rendez-vous au bord du lac Memphrémagog, à Magog, à l'office du tourisme où passe la piste cyclable.
J'arrive la première évidemment, gare mon camion en évidence (de toutes façons, vu sa taille, impossible de le rater, il dépasse toutes les voitures classiques ! ) et je prends un peu de temps avec Colombe pour marcher le long de la piste qui longe le lac. Après la tension d'hier, quel bonheur de marcher, respirer, admirer le lac qui brille au soleil, laisser Colombe jouer dans le sable, tout en surveillant les cyclistes qui passent !
Ouf, les voilà !
Plus loin, la piste cyclable fait un détour par le petit parc national du Mont Orford. J'y suis passée hier, ça monte très fort ! Il y a même des pistes de ski avec  télésièges !  Le paysage n'offre aucun intérêt particulier. Les cyclistes empruntent donc la route 112 pour un temps, et je les suis de près. Longue pause déjeuner au bord du petit lac d'argent. On squatte une table avec bancs. Plusieurs hommes sont occupés à poncer, réparer, repeindre les autre tables. Pendant que Fred, crevé, se paie une petite sieste allongé dans la voiture, je papote avec les gars sympas, et les filles se mettent à bricoler avec eux. Juliette emprunte la grosse lame montée sur un manche, et gratte la planche pour en oter la vieille peinture. Je trouve cet outil super pratique, les hommes qui en ont deux, m'en offrent un ! Les filles fabriquent des affiches "peinture fraiche" que les ouvriers scotchent sur les tables refaites.
Aujourd'hui, normalement, nos amis Dury qui n'habitent pas si loin que ça doivent faire un bout de route dans notre direction en voiture, puis pédaler vers nous, nous retrouver, et pédaler avec nous dans notre sens.
C'est ce qu'ils font, mais ne nous voyant pas et n'arrêtant pas de crever leurs pneus, ils ont fait demi-tour avant de nous retrouver.

Je sors Fred de son sommeil, il est tard il faut y aller ! 
Peu de temps après la reprise, retour sur "la montagnarde"qui est une piste pour voitures et vélos. On guette les Dury, en vain. Nous ne le saurons que plus tard, en fait, ils ne sont pas loin devant nous.
Après une belle descente, voilà une montée vraiment costaud, sans bitume ! Quentin grimpe toujours en tête, Fred n'en peut plus ! Chaque jour, il trouve le tandem un peu plus lourd ! Il pédale dessus avec Juliette qui réclamait depuis longtemps de l'essayer ! Depuis le pique-nique du midi, son vélo et Maïlys sont dans la voiture. Juliette est plus costaud que cette dernière pour aider Fred dans les montées. Mais dans la côte suivante qui nous rappelle celles du Mexique tellement elle est raide, Fred s'accroche à la poignée de la voiture pendant que je roule tout doucement. C'est inédit pour Juliette et ça lui plait beaucoup ! On espère juste que Quentin, à 20 mètres devant, ne va pas se retourner et crier à l'injustice  !   
Nous dépassons la ville de Waterloo, et les cyclistes retrouvent une vraie piste cyclable, avec un enrobé tout neuf , au milieu des arbres ! Ils croisent des cyclistes, piétons et roller shaters.

Je prends moi la 241 sur quelques kilomètres et rejoint vite le carrefour convenu pour nous retrouver. Nous sommes en pleine campagne, et en attendant Fred, j'ai l'idée de chercher le jardin qui pourrait nous accueillir ce soir pour notre dernière nuit de voyage. Demain, nous arriverons chez Michèle et Pierre Dury à l'est de Montréal.
Et pour le dernier soir, on veut une soirée sympa bien-sûr, pour finir en beauté !

Ca commence mal : 
Je m'avance dans l'allée d'une belle maison, et aperçois Madame en maillot de bain dans sa chaise longue posée dans un magnifique gazon. A ma vue, elle noue son paréo et vient vers moi. Elle est bien surprise par mon explication, me dit qu'elle ne sait pas si son mari serait d'accord...justement voilà son mari dans sa superbe décapotable. Il me jette à peine un regard. Sa femme commence à m'expliquer comment rejoindre le camping le plus proche. Ce serait plus pratique pour nous me dit-elle, on aurait des sanitaires...
OK, elle a rien compris, aucune envie d'insister ! Si les gens n'ont pas envie, on préfère aller voir plus loin, ce qu'on cherche, c'est le contact sympathique, et bien-sur, on comprend que certaines personnes ne souhaitent pas accueillir des inconnus.
Vu sa réponse, je ne vais pas frapper aux portes voisines, avec mon camion bruyant, ce ne serait pas très discret. Je me dirige dans la direction opposée vers les prés. Il y a de beaux chevaux, et des maisons en contrebas. Mais j'ai beau chercher, faire encore une série de demi-tours, je ne trouve pas le chemin qui mène aux ranches ! Zut !
Je retourne à la piste cyclable, Fred n'est pas encore arrivé. Je prends donc une autre direction et tourne sur une piste qui mène à une sorte de lotissement version canadienne : les maisons sont noyées dans une forêt d'arbres immenses. Certaines parcelles de la forêt ont juste étaient défrichées pour y implanter ces maisons.
Avec les filles, nous frappons à 3 maisons où personne ne répond.
Je n'arrive pas à le croire, c'est le dernier soir qu'on va avoir le plus de mal à trouver une maison, après tout ce voyage !

Enfin, j'aperçois un monsieur qui bricole dans son garage, et il y a juste la place qu'il faut pour nos tentes au milieu des arbres. Le monsieur m'écoute surpris, puis fini par me dire "ben oui, si vous voulez camper, vous pouvez camper. "
Ouf ! Je retourne à  la piste et les cyclistes sont arrivés. Fred explore le coin : il y a tout ce qu'il faut si on voulait dormir là : herbe douce, tables... c'est un relais pour cyclistes. Mais je suis heureuse de lui annoncer que j'ai trouvé un jardin.
En arrivant  chez le monsieur, changement de programme. Madame est là, et elle a rappelé à son mari que demain matin, ils se lèvent tôt pour aller au boulot. En fait, ça la gêne de nous laisser dans son jardin après qu'ils soit partis au travail. Tout est à recommencer ! Elle accepte quand même que nous appelions nos amis qui nous expliquent qu'ils sont bien venus pédaler, sans nous croiser. Notre pause déjeuner a été trop longue, dommage.
Cette dame à son tour nous parle du camping situé à 5 km. On lui raconte alors les magnifiques rencontres faites au cours du voyage. Aucune envie de se retrouver dans un camping ce soir !
Nous repartons vers... la maison d'en face. Le couple est installé dans son salon de jardin et vient vers nous. C'est Fred qui leur parle, et enfin on a un vrai oui bien sympathique !
Effectivement, on n'a jamais frappé à autant de portes avant d'avoir une réponse positive !
Le jardin est cerné par les bois, et l'humidité tombe très vite. Nous montons rapidement notre tente. Les grands qui ont découvert ce midi que les dossiers de la voiture s'inclinaient beaucoup décident de passer leur dernière nuit d'itinérance sur les 2 sièges avant de la voiture ! Pas de montage de tente pour eux !
Nos hôtes sont charmants et nous invitent à entrer dans la maison. Madame sort des grandes serviettes et nous ouvre les 2 salles de bain.
Pendant que le repas chauffe, nous discutons, et disons notre émotion d'être à la veille de la fin de notre aventure si remplie. Demain, chez les Dury, c'est tout le confort d'une maison d'amis qui nous attend, et les affaires de camping resteront dans les sacs.
Nous passons une soirée bien agréable. 

Le lendemain matin, le couple part au travail juste après qu'on ait émergé de la tente. Juste le temps de dire merci, et au revoir. Ils n'ont pas de crainte de nous laisser dans leur jardin.
Le soleil est au rendez-vous, mais la tente est trempée tellement il y a eu d'humidité. Le temps du petit-déj suffit à faire tout sécher.
Voilà, les duvets, matelas sont pliés et ils ne ressortiront pas de leur housse avant la France.
Les grands ont bien dormi dans la voiture, pas de mal de dos, ils sont en forme pour pédaler pour la dernière étape.

Les cyclistes prennent la piste, et moi la route. Rendez-vous à Granby. Les travaux et les routes barrées me font faire des détours et le stress revient : surtout, ne pas rater le rendez-vous !
Nous arrivons en même temps dans la ville au bord du lac Boivin. Il y a là énormément de cyclistes : familles avec charrette, sportifs... le beau temps fait sortir les gens !
Je quitte la ville par une longue zone commerciale qui n'en finit pas, puis longe la piste et aperçois la troupe. Désormais, leur voie se nomme "la campagnarde". La route plate traverse des champs, et de nombreux maraichers vendent leurs produits le long de la route, dans des petites installations, ou dans des boutiques en dur.

Pour le dernier pique-nique, nous nous retrouvons à l'aire réservée aux cyclistes, à Saint Césaire.
Frédéric apporte son compteur le sourire aux lèvres : Il affiche 3007 kilomètres ! La barre des 3000 que Fred espérait tant franchir est atteinte, le dernier jour !
Avant le départ de France, on avait tablé sur 4500 km environ. Mes problèmes de santé puis le mal de genou de Fred nous ont obligé à modifier le programme. Quand c'est la santé qui est en jeu, on n'a pas le choix ! Mais ça n'empêche pas d'avoir une petite déception !

Pour la dernière occasion, nous ne dérogeons pas à la règle : nous nous sommes toujours payés une glace tous les 500 kilomètres franchis à vélo (si on l'avait fait pour les kilomètres parcourus en voiture, on aurait fait une indigestion ! )
J'emmène les enfants à l'épicerie qui au québec se nomme "dépanneur". Partout il y a des dépanneurs ! Et celle-ci a bien un congélateur rempli de glaces où les enfants trouvent leur bonheur.
Encore quelques kilomètres, et nous voilà à Sainte-Angèle. Une petite pluie fine nous souhaite la bienvenue ! Nous traversons le village et trouvons facilement la maison de nos amis québecois.  Nous pénétrons dans le jardin, salués par  les enfants Dury, ( les parents sont absents ).
Je descends du camion, les cyclistes mettent leur vélo sur béquille.

Et voilà, c'est fini, on est tout chose d'être là... on se regarde tous un peu perdus ! Colombe a du comprendre quelque chose de la situation, car elle se cache le visage dans les mains et ne veut pas descendre de la voiture. Avec le temps, on a compris que notre camion est un peu devenu sa maison, le point de repère fixe dans cette vie de nomade. Elle a toujours aimé y être, réclamant parfois d'y retourner en fin de journée alors qu'elle y avait passé des heures !
Notre état second dure 5 minutes, puis on reprend nos esprits et nous secouons ! On a encore quelques jours pour profiter du Canada et des canadiens !
Michèle arrive bientôt et nous accueille avec son sourire qui la quitte rarement.
Les enfants découvrent le jardin bordé par les pâturages des vaches des Dury. Il y a aussi le poulailler, pour lequel Quentin se découvre une fibre de chercheurs d'oeufs (il ira plusieurs fois par jour pendant notre séjour ! )

Les 11 personnes qui constituent cette famille étonnante sont les rois de la débrouille, et ils méritent que je parle un peu d'eux : 
une boulangerie bio leur donne le pain de la veille, un maraicher leur donne tous les samedis des cartons de fruits et légumes jugés trop vieux pour être vendus ... les vaches dans le pré sont des vaches à viande qu'ils revendront ou mangeront l'hiver prochain. Et pendant notre séjour, 3 cochons viennent habiter la grange dans le but un jour d'être au frais dans le congélateur.
Danièle, 11 ans, rêve d'avoir un cheval. Il y a l'écurie et le pré pour l'accueillir. Avec l'accord de ses parents, pendant qu'on est là, elle fait des recherches sur internet, et trouve une dame qui cherche un pré pour mettre son poney et sa jument en pension gratuitement, en échange de laisser les propriétaires du terrain les choyer et les monter. Les 2 animaux arrivent peu après notre départ et Danièle est aux anges.
Tous les enfants sont acteurs de cinéma ou de publicité. Certains garçons ont même jouer avec Gérard Depardieu dans le film "la nouvelle France" (ou la vieille France, je ne sais plus !),  et dans le film franco-quebecois "Marie-Antoinette" où les 3 plus jeunes frères jouent le dauphin à différents âges.
C'est avec ses cachets que chaque enfant s'est payé son vélo et son billet d'avion pour aller pédaler en juillet du côté de Vancouver.
Pour cette famille, tout est simple, tout problème a une solution. Et tout est toujours réglé sans jamais que le ton monte ( du moins pendant notre séjour ! )
Quand on rencontre ce genre de famille, plus rien ne semble insurmontable !

Nous avons 4 jours à passer chez nos amis. Et pas le temps de nous ennuyer.
Frédéric vide et astique la voiture qui brille ensuite comme un sou neuf. Ca fait bien drôle de la voir si vide ! Il se rend ensuite dans des garages pour faire évaluer la voiture et chercher un acheteur. Finalement, elle restera dans le jardin en bord de route jusqu'à ce qu'elle trouve un intéressé.
Nous faisons les sacs pour l'avion. Il faut faire preuve d'ingéniosité pour que le nombre de bagages et de kilos par personne soit respecté ! Les vélos, les canoës, les gilets de sauvetage, les pagaies, le matériel de camping, tout, nous remportons tout ! (sauf la glacière qui nous avait été donnée avec la voiture !) Les grands fils Dury et Pierre le papa sont d'une efficacité redoutable pour démonter un peu les vélos et tout plastifier et protéger en un temps record. Nous comptons et nous pesons encore et encore le nombre de paquets, 12 pour 6 personnes plus les bagages à main, c'est bon !

Nous prenons une journée pour aller visiter Montréal. Nous avons un souvenir tellement plaisant de Québec que nous sommes un peu déçus. Un petit tour dans le quartier chinois nous offre un drôle de dépaysement après 6 mois d'Amérique et juste avant de rentrer en France !

Nous allons aussi au fort Chambly, construit au bord de la rivière Richelieu. Il y a des animations particulières pour fêter les 400 ans du fort. Un camp de tentes est monté, et des gens en costume d'époque s'y baladent. Il y a aussi des petits sketchs illustrant la vie d'antan. Et des tirs au canon bien-sûr ! 
Balade le long du canal où il y a 5 écluses à la suite.
 









Nous occupons 2 soirées à visionner 2 films où ont joué les enfants Dury, et même les parents en tant que figurants ! Le cinéma, c'est une histoire de famille ! 
De vivre dans une maison nous remet tout doucement dans le bain de ce qui nous attend au retour.

Et puis, le lundi 24 août finit par arriver, c'est le jour du grand départ. Encore une partie de cache-cache entre enfants jusqu'à la dernière minute, puis les au-revoir !







La camionnette de Michèle est chargée, en route ! A l'aéroport, en lui disant au revoir, nous quittons la dernière personne qui nous relie à cette terre...

Nous arrivons les premiers à l'embarquement, l'hôtesse est toute disposée à s'occuper de nos paquets un peu particuliers, émerveillée par le récit du voyage ! Et hop, pas de surcoût pour les bagages qui dépassent les 23 kg autorisés ! Les collis sont presque tous hors gabaris et il faut les emmener à un autre guichet pour fouille manuelle. Il faut ouvrir un peu les sacoches guidon qui sont enveloppés et ouvrir la charette qui s'est transformée en vrai malle. Mais la douanière est très sympa et en veut à son chef de nous avoir imposé ce déballage , alors elle nous aide à tout rescotcher.
Finalement, avec patiente et sourire, tout passe sans encombre. Nous abandonnons juste le tube de pommade anti-inflammatoire qui ne servira plus aux genoux de Fred.

Pendant qu'on  règle l'enregistrement, Quentin fait un mini-reportage à la famille derrière nous qui a 2 garçons de son âge. Je vois dans son visage un peu de fierté de raconter les 6 mois qu'il vient de vivre !
Nous voilà prêts à embarquer, et nous savons que de l'autre côté de l'Atlantique, nos 4 parents meurent d'impatience de nous retrouver. Ils seront à l'arrivée à Paris.

6 heures de vol et 2 heures de sommeil plus tard, nous arrivons au petit matin à Orly. A peine suis-je sortie de l'avion qu'une jeune femme que je ne reconnais pas m'accoste dans le couloir et me dit : "vous êtes bien de Saint-Marcel ? " !!!
Alors que j'étais encore dans les nuages canadiens, cette question est comme une douche froide qui me ramène sur terre ! Elle m'aurait dit : " arrête de rêver ma petite, ça y est tu es sur le sol français ", ça m'aurait fait le même effet ! Cette femme qui arrive aussi de Montréal  est du même village que nous, et elle, m'a reconnue.

Quand les 4 chariots sont chargés des sacs, des cartons, de la charrette et des vélos, nous avançons vers la sortie. Quentin qui pousse un chargement est le premier, trop pressé de voir ses grands-parents !

Ils sont là, avec une grande banderolle cousue main où il y a un grand "bravo" brodé façon patchwork, et un grand panneau avec une photo de nous pendant le voyage et deux  inscriptions : "we are proud of you ! " ( nous sommes fiers de vous ) et " Welcome to Petite Plume and her family " ( bienvenue à Petite Plume ( Colombe ) et à sa famille ).

Comme à l'arrivée à Montréal dans le jardin des Dury, on reste tout chose pendant 3 minutes, regardant nos parents dont le sourire fait chaud au coeur, faire des photos et nous crier des " bravos !" Puis, nous finissons d'atterrir dans leurs bras, que d'émotion !

2 jours plus tard, en arrivant chez nous, ce sont des amis qui nous accueillent avec une immense banderolle " bravo les Lacheray, bienvenue chez vous ! ", l'apéro, un brownie et de la Clairette de Die !
Ils ont carrément préparé des médailles en carton peint, et très sérieusement, Axelle fait la remise des trophées en gratifiant chacun de tous les efforts faits pendant le voyage. Des voisins nous ont laissé sur la table du jardin un délicieux gateau au chocolat avec un gentil petit mot.
C'est bon l'amitié !






Et même si, à cet instant, nous avons encore l'esprit qui vagabonde dans les grands espaces américains, c'est bon de se retrouver chez soi !
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Canada - Communauté : Voyages à vélo
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