Canot-camping au Quebec

Publié le par famille Lacheray

Google-Translate-English to French

Ce lundi 3 aout, il nous faut une bonne partie de la matinee pour effectuer tous les preparatifs necessaires aux 4 jours de canot-camping prevus.
Nous sommes au sud-ouest du Quebec, dans la reserve faunique de la Verendrye.
 Au lieu-dit "Le domaine", il est possible de louer des canots, consulter et acheter des cartes detaillees du coin, et ainsi de  choisir un parcours en boucle de lacs en lacs de la longueur et de la difficulte souhaitees.
 Fred choisit un parcours de 35 km, avec 3 portages et 3 rapides de categorie 1 et 2, a notre portee donc. La carte que nous emportons est riche d'informations sur les plages, les aires de camping rudmentaire, les rapides, les barrages de castors...
 
Nous avons nos 2 canoes, mais louons un 3eme pour avoir la place necessaire au transport de notre materiel. Nous emportons bien empaquetes dans 2 epaisseurs de sacs poubelle nos 6 duvets, 6 matelas, 2 tentes. Un sac poubelle suffit pour les vetements : une tenue chaude et un pyjama par personne. La journee, nous serons en maillot de bain, tee-shirt et tenue de pluie si necessaire. Un sac pour la batterie de cuisine, 2 sacs etanches pour la nourriture, 2 baches. Nous emportons quelques gourdes et le filtre a eau qui n'a pas servi depuis le Mexique ! Nous serons donc en complete autonomie. Nous n'oublions pas la bombe anti-ours donnee par Jeff a Livingston, ca peut servir. Un petit sac a dos avec les lampes frontales, l'appareil photos, et quelques bonbons pour se remettre des coups durs !
Quentin et Juliette sont d'accord pour prendre un canoe seuls. Fred monte dans le canot de location, plus difficile a manoeuvrer avec une pagaie simple. Je prends le 3eme canoe avec Colombe ou Mailys qui montent aussi avec Fred. C'est lui qui porte presque tout le materiel, son canoe est plus grand et plus costaud, et puis, c'est un homme !

Des le depart, nous avons le vent de face, et il ne faut pas mollir pour avancer.  Sans carte, on ne pourrait pas s'en sortir : nous n'avons pas l'impression d'etre sur un lac mais dans un labyrinthe de canaux aux iles innombrables. On ne sait jamais si on longe la cote ou une ile, et partout, les coniferes et bouleaux envahissent l'espace.
Le contraire nous aurait etonne, une petite pluie fine puis plus forte vient agrementer notre balade. On sort les cires et on continue. Mais rapidement, on voit bien que Quentin et Juliette ont un probleme, Quentin sort de ses gonds : le canot est perce ! 
Les 2 grands sont dans le canot qui etait deffectueux des son achat, que Frederic a deja repare.
On accoste dans les rochers en plein vent, pas facile de sortir tout le monde de son embarcartion. Pique-nique rapide, on a froid, on est mouille, beau debut ! On vide le canot de son eau, le regongle, mais Fred ne mettra sa colle que ce soir pour que ca seche durant la nuit, il faut donc continuer ainsi.
 Que j'echange de canoe avec eux n'est pas possible, le mien a un defaut : les 2 supports d'ailerons sous le bateau n'ont pas ete colles droits, ce qui fait que le bateau a une facheuse tendance a aller vers la gauche. Par temps calme, on s'en sort, mais s'il y a du vent, il faut pagayer 4, 5 coups a gauche pour un coup a droite, c'est vite epuisant. Parfois meme, pour aller tout droit, je ne pagaie qu'a gauche... Pas parfaits nos canoes !

La pluie s'est arretee quand nous arrivons  au premier portage de 180 metres : un petit bout de terre entre 2 lacs nous oblige a vider les canoes de leur contenu, tout transporter sur le sentier, puis tout remettre a sa place avant de naviguer a nouveau. C'est parti pour le demenagement ! Les enfants aident bien et gentiment, c'est deja ca. Colombe s'est endormie alors qu'on pagayait, elle n'est donc pas dans nos pattes, c'est bien aussi ! On porte a 2 le canot de location, ( on a reveille Colombe qui marche a nos cotes ), et Fred porte seul nos 2 embarcations (une a la fois !) sur le dos, 25 kg chacune.







Un petit snack s'impose avant de repartir !
 Mais 100 metres plus loin, il faut recommencer, et la, le sentier est de 330 metres. On porte les gros sacs, Mailys porte les pagaies, Juliette et Quentin aussi ainsi que les sacs moins lourds. Je souhaiterais que Mailys reste avec Colombe au bout du sentier pendant que nous faisons les allers et retours, mais elle craint la visite d'un ours ou d'une autre grosse bete et refuse. Nous voila donc avec Colombe qui veut qu'on marche a son rythme, met les pieds dans la boue, se prend les pieds dans les racines, tombe et pleurniche. On est contents quand on a finit !

Encore quelques coups de pagaie et l'on arrive a un lieu de campement signale par un panneau visible de loin. Une plage, un emplacement pour le feu, et des sites degages pour les tentes. Nous voila tels des Robinsons, surtout qu'avec le paysage et la vegetation dense, on se croirait parfois en milieu tropical. On arrive a trouver du bois sec pour le feu, on etend le linge sur les buissons pour qu'il seche, et on sort enfin les habits chauds et secs. On dine a la nuit et couchons la troupe. Je reste seule dans le noir pour faire la vaisselle et tout ranger. Je ne suis pas rassuree de faire mes allers et retours entre le lac ou je prends de l'eau dans la bassine, et le campement pourtant tout proche ou je lave les gamelles. J'aimerais pas me retourner et voir briller les yeux d'un ours !

Le lendemain, nous avons la chance de dejeuner et plier le camp au soleil.

Pas de vent, c'est plus facile pour avancer. Mais rapidement une pluie diluvienne s'abat sur nous. On choisit de s'arreter, de s'abriter sous un arbre. Mais bien vite ca ne suffit plus. Frederic nous sort la grande bache plus efficace ! Quand les nuages s'eloignent enfin, nous repartons. Nous scrutons les rives dans l'espoir d'apercevoir un castor, nous avons vu pusieurs maisons leur appartenant, mais ils sont bien caches. Nous n'en verrons aucun de toute la randonnee !

Oh, chance, nous avons un rayon de soleil pour pique-niquer sur une plage, on seche un peu. Mais l'apres-midi, la meteo ne va pas nous faire de cadeau. La pluie reprend sa cadence infernale. On continue a pagayer, il faut bien avancer ! On est completement trempes, nos visages degoulinent, et en plus, il faut lutter contre le vent. Juliette craque : "c'est trop dur" dit-elle.J'essaie de la rassurer, et de lui remonter le moral en lui disant que plus tard, elle sera fiere de s'etre battue dans la tempete ! 
Les orages se succedent dans le loin puis se rapprochent. Bientot, c'est l'apocalypse, l'orage est au-dessus de notre tete, fait un boucan du diable, la il faut s'abriter. On trouve un rocher ou poser pieds, on se tasse, assis ou accroupis sous la petite bache bleue, pendant que la pluie tambourine de plus belle,. Le temps passe et il commence a faire presque chaud la-dessous ! On est bien, les larmes ne coulent plus.
Seule Colombe a froid, veut ses habits. Mais je reste ferme, je les garde secs pour ce soir. Je lui enroule ses jambes nues dans un pareao, ces grands morceaux de tissu nous auront bien servis pendant le voyage.
3 fois Fred pense que l'on peut repartir, 3 fois la pluie se remet a tomber. Je chante "Jean Petit qui danse" aux enfants, mais leur attention est ailleurs, ils guettent le moment ou l'on va pouvoir repartir. Enfin, ce mement arrive, apres plus d'une heure tout de meme. On presse les enfants pour arriver au lieu de camp avant la prochaine averse.
Pendant que nous approchons enfin de la plage ou nous allons accoster et nous installer, une chose incroyable se produit : alors que tout est dans le gris, un rayon de soleil vient illuminer ce petit bout de terre. C'est une vision vraiment magique, et ca rechauffe nos coeurs et nos corps !
Quentin et Juliette sont les premiers a accoster, ils sortent de leur canot,  sautent et crient de joie, comme s'ils avaient lutte 15 jours dans la tempete et decouvert une nouvelle terre ! Le bonheur peut se resumer a bien peu de choses ! Savoir se contenter de ce que l'on a. Etre heureux de ce que l'on a sans etre triste de ce que l'on n'a pas. C'est ce que je repete souvent aux enfants quand ils ralent pour un detail . Et la, ils n'ont rien, qu'une pagaie a brandir comme un trophee et un rayon de soleil pour les rechauffer, et ils sont heureux. Et nous sommes fiers d'eux.

Nous etendons toutes nos affaires pour qu'elles sechent et preparons le diner sur le rechaud a essence.

Le lendemain matin, la cuisson des pancakes au feu de bois est longue car le bois est humide et le feu ne tire pas.

Ce matin il fait beau. Il n'y a pas trop de vent et il souffle de travers. Fred confectionne une voile avec 2 pagaies et une bache pour se faire plaisir et faire avancer son gros canot. Il en profite meme pour pecher a la traine : 2 mains sur la pagaie pour diriger et avancer, un pied pour tenir la voile, un oeil sur la canne a peche et l'autre sur la direction !
Nous contournons une ile puis faisons une pose pipi. En remontant la ligne : un brochet de 30 - 35 cm est venue mordre a l'hamecon. Ce poisson la il s'est fait attendre, depuis le temps que Fred peche sans rien remonter !

Une courte averse s'abat sur nous puis le soleil revient et des Canadiens anglophones viennent acoster. Ils ont 2 jeunes enfants. Nous sympathisons et nous nous retrouvons plus tard sur une plage pour pique-niquer autour d'un petit feu de bois pour le fun ! Ils ouvrent des yeux ronds devant notre peu de bagages ! Ni glaciere, ni autre superflu, ils n'en reviennent pas. Tout comme les americains ils sont genereux et partagent biere et autre lunch. Nous proposons de partager notre salade composee dans notre tupperware, mais cela ne doit pas sembler tres appetissant car ils n'en veulent pas ...
L'apres-midi est animee par le passage de rapides et un portage pour eviter une petite chute d'eau.
Nous allons en reconnaissance puis Fred se lance avec Quentin a l'avant. Les filles attendent sur le sentier tout proche. Ensuite, Quentin, en pleine forme, veut tenter de le passer seul dans son canot. Il s'en sort comme un chef ! Il se joint a moi pour passer le 3 eme canoe, sans encombre. Il n'en n'a pas eu assez et voudrait que l'on remonte un canoe pour recommencer ! 
Le second rapide est plus facile et tout le monde embarque. Pour le dernier rapide de classe 2, les filles sont a bord, et ca leur plait, les apprehensions sont passees !

Pour la forme, un dernier petit portage, et nous revoila dans le lac du premier jour, mais a l'autre bout. 
Les eaux sont calmes, pour une fois, on ,n'a pas a lutter contre le vent !
On s'installe a une aire de campement pour groupe, il y a de la place, et l'endroit est bien agreable. Quentin, toujours devant, est alle a l'autre campement, sur l'ile d'en face, et il lui faut pagayer 10 minutes pour nous rejoindre.
Feu de camp, marchmallows, nous profitons de ce dernier soir seuls dans la nature au bord de l'eau.

Le lendemain, grand soleil, nous prenons notre temps pour ne pas revenir trop vite a la civilisation !
Pique-nique sur une plage au soleil, ca fait tellement longtemps qu'on n'a pas senti la chaleur de ses rayons sur nos visages, c'est divin !
Puis il faut bien se resoudre a rentrer a la base. Tout rincer, tout plier sans secher, la pluie nous a rattrappes, on fera secher plus tard ! Tout tasser dans le camion. Les sacs d'habits sentent le moisi, c'est l'horreur !

Nous avons vecu 4 jours une nouvelle experience a laquelle tout le monde s'est adapte, malgre les moments difficiles. Pagayer en pleine nature, seuls ( nous n'avons croise que 2 familles en 4 jours ), chercher son campement puis s'installer comme des Robinsons, jouer sur la plage au soleil apres des heures sous la pluie, je pense que ce moment du voyage restera dans les memoires des enfants ! Quentin nous a montre un reel gout pour le canoe. C'est sur, on recommencera !



 

Publié dans Carnet de bord Canada

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
I
Quel fabuleux voyage vous effectuez... je lis avec beaucoup d'attention et d'émotion votre parcours et vos péripéties... Merci de nous faire partager ces vacances à distance... Quand je pense que la fin approche, j'en ai un peu de peine... En même temps, j'imagine que vous avez hâte aussi de retrouver votre maison, votre famille, vos amis et vos habitudes et nous avons hâte de vous entendre nous raconter ces extraordinaires aventures...<br /> Bonne continuation à vous 6 et à très bientôt...<br /> Isabelle
Répondre