La grande traversee

Publié le par famille Lacheray

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Ce matin du dimanche 26 juillet, avant de prendre la route, il y a du boulot.
Rappelez vous, la veille, nous etions sur les canoes sous la pluie !

 Fred, plus courageux que moi pour se lever se met tot a la tache : faire secher notre tente (celle des grands a passe la nuit dans le garage avec nous ), les canoes, les gilets de sauvetage, tout plier et tout ranger. Il a bien plu cette nuit encore, le sol est tout detrempe.
Monter et demonter  le camp chaque jour demande de l'energie et du temps. Quand on n'avait que les velos, c'etait relativement rapide.
 Avec le camion, c'est toute une organisation. Notre coffre n'est pas un coffre mais une grotte profonde, de 50 cm de haut a 80 cm du sol. A chaque fois ou presque qu'on veut ranger ou prendre quelque chose, il faut monter dedans, en se servant de la glaciere comme marche-pied, puis se courber, se pencher voire meme plonger dedans pour extraire l'objet convoite. A chaque fois, on risque de se prendre la fenetre qui ferme le cote superieur du coffre sur la tete, la fixation qui la maintient en l'air n'etant pas fiable a 100%.
Tout cela pour dire que ca nous bouffe pas mal d'energie !

C'est donc en fin de matinee que nous nous appretons, pour de bon cette fois a quitter l'ouest et les Rocheuses, non sans un pincement au coeur. Depuis le Mexique nous sommes au coeur de ces montagnes ou nous avons vecu tant de moments forts.
Dans un mois, nous serons en France, et chaque kilometre vers l'est va nous rapprocher du retour au pays...

Avant que nous partions, nos hotes nous offrent des petits cadeaux.

En route pour 3200 kilometres !

Nous prendrons 1 semaine pour rejoindre l'ouest du Quebec. Entre les limitations de vitesse, les pauses obligatoires, le mauvais etat des routes, meme les principales, (la faute au gel et au degel ), inutile de s'affoler et de rouler non stop. Nous sommes armes de coloriages, sucettes et bonbons, et le travail scolaire reprend, ca occupe les plus grands pendant que les kilometres defilent !
La premiere grosse ville traversee est Edmonton, ou l'on fait une pause a l'hopital gigantesque pour une prise de sang. Ouf, mon ordonnance des Etats-Unis est acceptee, ils n'en n'avaient pas voulu a Jasper. L'examen montre que mon sang manque un peu de fluidite, nouveau dosage de mon medicament que je continue a prendre quotidiennement.

Notre premiere pause pour dormir dans un champ donne le ton : c'est tellement envahi de moustiques que c'est insupportable. On monte les tentes le plus rapidement possible, les enfants patientent dans la voiture. Puis on les fait sortir, le temps de faire pipi, ils se prennent 3 piqures sur les fesses, puis ils s'engouffrent dans les tentes. Zip, zip. les fermetures eclair vont vite ! Heureusement, on avait dine avant ! 
Le lendemain matin, operation inverse, et on file de la ! On petit-dejeune plus loin a une station service, au milieu des camions. Elles sont loin les montagnes ! On profite des sanitaires de la station pour laver les cheveux de tout le monde, a l'eau chaude s'il vous plait, et au chaud !

Nous quittons l'Alberta pour entrer dans l'etat du Saskatchewan. En meme temps que nous allons vers l'est, nous descendons egalement vers le sud, et l'on s'en rend bien compte le soir, la nuit vient beaucoup plus tot. Nous plantons la tente chez Barbara, pres des chevaux et poulains a qui les filles s'empressent d'aller donner du foin. Dans ce jardin, miracle, presque pas de moustique. Nous avions avant de frapper chez Barbara, ralenti 2 fois dans l'allee de maisons, mais le paysage s'etait alors obscursi de nuages de moustiques, nous avions poursuivi notre route !
 
Au petit matin, Barbara nous offre la douche, le the et le cafe. Le tout est bien apprecie.
Nous traversons des kilometres de champs. Des champs comme chez nous,ceux de taille immense sont plus au sud. Du colza, des petits pois, du lin bleu...
Nous entrons dans l'Etat du Manitoba, passons au sud de l'immense lac de Winnipeg, trouvons une aire de jeux pour la pause du midi. Les journees defilent, tranquilles. 
A la nuit tombante, nous demandons l'hospitalite a une jeune femme qui nous dit de lui parler francais. Nous sommes encore loin du Quebec, mais elle nous explique qu'il y a dans cette region toute une population dont la langue maternelle est le francais. Carine, cette jeune femme, est de passage chez sa mere avec son mari et son bebe Elisa si mignonne. On demande a pouvoir diner dans la maison, trop de moustiques dehors, c'est a devenir dingue ! Comment font les gens qui habitent ici ?

Pour le petit-dejeuner, Carine nous a prepare une montagne de pancakes. C'est d'autant plus gentil que sa petite famille part ce matin meme en vacances pour le Yukon, au nord-ouest du pays : 5000 kilometres aller qu'ils feront peut-etre en 2 semaines !  
Nous roulons, roulons, on dirait qu'on va finir par arriver au bout de la Terre a force de rouler toujours dans la meme direction ! Nous sommes maintenant dans l'Ontario, tout proches de la frontiere avec les Etas-Unis.

Fred souhaite que la troupe pedale un peu, le paysage est plaisant, vallone. 
Mailys est de la partie puisque Fred sort le tandem. 15 minutes  et 4 castors apercus plus tard, la pluie s'abat sur eux ! C'est pas vrai, on l'attire ! Le temps que je les rejoigne, ils sont degoulinants, Juliette pleure. Vite, les serviettes, les habits secs... quand tout le monde est hors d'eau, le soleil revient... mais plus personne a part Fred ne veut pedaler, ils ont eu leur compte pour la journee meme si c'etait de courte duree ! Frederic continue seul donc, mais on n'est jamais trop loin au cas ou la pluie revienne nous jouer un mauvais tour !
Nous avons quitter les prairies, sommes maintenant au milieu des forets. Des lacs de toutes tailles jalonnent le parcours. On s'arrete pour observer un elan, mais il est loin, et c'est encore une femelle.
Nous nous arretons dans la petite ville de Wynyard pour la nuit. Fred est toujours en velo. La pluie menace encore, et ce n'est pas un jardin que nous cherchons ce soir mais un garage pour dormir au sec. L'homme a qui nous nous adressons nous dit d'aller voir les gentilles dames de l'eglise, elles trouveront une solution pour nous. Et revoila la pluie, des trombes d'eau ! MARRE, on en a marre ! A croire qu'on s'est trompe de pays, qu'on est en Ecosse ou en Irlande. 
Mais les gentilles dames de l'eglise, apres avoir discute entre elles, sont fieres de nous annoncer que la communaute nous offre le motel ! Nous voila vite au chaud et au sec. C'est rustique et vieux, mais on benit ce don genereux qui nous permet de prendre une bonne douche chaude et de manger a une table, avec des vraies chaises et des vraies assiettes qui cassent. 5 mois qu'on mange dans du plastique ! 
Nous realisons la nuit qu'une fois encore, nous sommes a quelques metres des rails du train de marchandises, et a chaque fois que celui-ci passe, notre canape lit se transforme en train couchette ! Notre cabane en bois laisse passer toutes les vibrations, et pendant toute la duree ou le train nous double, nous sommes berces comme si nous dormions dans le train !

A Vermillon Bay, courses, lingerie et pause internet a la bibliotheque. Les enfants se detendent dans le coin jeux rempli de coussins, de peluches et d'un petit theatre de marionnettes.
Nous roulons ensuite jusqu'a Thunder Bay, au bord du lac Superieur et plantons les tentes derriere la salle des fetes, personne ne les voit. Il y a la une grande aire de jeux, l'ideal pour des enfants qui ont passe la journee en voiture. Le taux de moustiques au metre carre est supportable !

Ce vendredi 31 juillet, nous faisons une pause : nous passons la journee au Fort William, cree en1816, au bord de la riviere. C'est la qu'arrivaient les gens de l'ouest avec peaux et fourrures, les gens de l'est, Montreal, avec des denrees venues d'Europe. Le fort est occupe aujourd'hui par des gens habilles en costumes d'epoque. Il y a le forgeron, les fermiers, le boulanger,ceux qui fabriquent les canoes, des joueurs de violon, de cornemuse, et une joyeuse equipe qui se met parfois a danser et chanter. Beaucoup sont historiquement des metis d'europeens et d'indiens, leurs vetements sont donc un melange de ceux des 2 cultures, c'est particulier.






Nous passons une excellente journee a nous balader et a bricoler. Quentin rabote un manche de hache, les filles enlevent l'ecorce des racines des epinettes qui serviront dans la fabrication des canoes, Fred coud des ecorces de bouleaux deja rassemblees pour faire le montant d'un canoe, Mailys et Juliette traient la vache... Nous faisons cuire du pain dans une poele sur le feu, chantons avec une femme indienne dans son tipi, assis sur des peaux de bete. Colombe joue a la petite indienne avec le porte bebe adapte a sa taille.
 
En fin de journee, nous roulons un peu et demandons l'hospitalite a un couple dans un tout petit village appele Rossport . Nous plantons les tentes a 30 metres du bord du lac, ...et a 15 metres des rails, qui sont au bord du jardin. Ni cloture, ni protections, les enfants pourraient aller jouer sur les rails sans soucis. Pas de barriere non plus au passage a niveau dans le village. C'est pour ca qu'a chaque passage, le train annonce son arrivee a grand coup de klaxon d'un niveau de decibels incroyable.
Nous passons donc une nuit detestable : les trains, le vent, la pluie, les cliquetis des cables des voiliers qui claquent sur les mats. Une veritable tempete se leve, on est contents de la solidite de notre tente, mais on en a marre d'etre en hiver en plein ete, et au petit matin, alors que nous sommes emmitoufles dans nos duvets, je souhaite un bon mois d'aout a Fred, nous sommes le 1er du mois !

Au matin, alors que je suis dans la tente, 3 sardines sont arrachees !
Le voisin d'en face nous invite a venir prendre notre petit-dej dans sa maison en construction. Nos hotes a la retraite sont la pour donner un coup de main. C'est une maison entierement en bois, et Fred, passionne, discute un long moment avec Bill, le proprietaire.
On reprend la route et il pleut presque toute la journee. Heureusement, les enfants sont calmes. On admire pendant 15 minutes une oursonne et son petit batifoller dans les buissons. C'est toujours aussi captivant, meme si on en a deja vu plusieurs fois. Le soir, a Timmins, un couple de retraites nous offre son sous-sol amenage pour la nuit. Neil et Jeanine sont charmants. Nous discutons tout en faisant cuire nore diner dans leur cuisine.

La nuit bien meilleure que la precedente fait du bien a tous. On se presse, une grosse journee nous attend pour arriver ce soir a notre but. On arrive enfin au Quebec. Tous les panneaux sont soudain en francais, meme les panneaux stop ou il est ecrit "arret'.
Longue pause a l'office du tourisme, le programme de ce mois d'aout est encore un peu flou. On n'avait pas fait de plans pour ce dernier mois (sauf celui du canoe), attendant de voir ou le vent nous menerait.
 Pour l'instant, nous nous rendons a la reserve faunique de la Verendrye, a l'extreme sud- ouest du Quebec. L'arrivee a 21 heures au lieu-dit "le Domaine" marque la fin de notre traversee du pays, meme si on n'a pas fini de rouler dans cet etat. Ouf, tout s'est bien passe.
 On dine dans la nuit au bord du lac ou demain, nous demarrerons notre rando de 4 jours en canoe. Le temps annonce n'est pas merveilleux, on verra bien. On voulait realiser ce raid dans l'Ontario, dans le parc Algonquin, ou il y a de nombreux elans. Mais la meteo prevue dans ce coin la est carrement catastrophique ! Alors, Fred nous emmene ici, ou il est venu il y a 15 ans avec des copains etudiants, pagayer 5 jours sur les lacs.
Pour les enfants et moi, cette experience est nouvelle. 
La suite, bientot ! 

Publié dans Carnet de bord Canada

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L
c'est toujours aussi sympa de vous lire et de suivre vos périples... bon courage et bonne fin de voyage, la rentrée va vite arriver...
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