Le parc du Grand Teton

Publié le par famille Lacheray

Google-Translate-English to French
Si ce parc porte ce curieux nom francais, c'est grace aux premiers trappeurs francais, qui, a la recherche de peaux de castors, decouvrirent la region au 18 siecle. A la vue des 3 plus hauts sommets, ils songerent aux formes feminines ! Beaucoup d' americains ne connaissent pas le sens de ces mots !

Ce vendredi 12 juin, a peine rentres dans le parc, nous apercevons un elan qui part rapidement se cacher derriere les arbres. Puis pendant le diner a une table de picnic, une biche vient boire a la riviere a 10 metres en aval, et les enfants jouent alors les explorateurs en se cachant au plus pres pour la guetter.
Le ton est donne : nous sommes dans un grand parc de pres de 100 km de long ou les animaux sont rois, et si nous avons de la chance, nous allons en voir beaucoup.
Nous sommes au coeur des Montagnes Rocheuses et il ne fait pas chaud ! Ce parc est borde a l'ouest par une chaine de montagnes dont les sommets et les pentes enneigees culminent entre 3500 et 4197 metres. Tout etait couvert de neige il n'y a  pas si longtemps. Au pied de cette chaine de montagnes s'etend une immense vallee ou se croisent lacs, rivieres et cours d'eau.

Pour ce premier soir, nous bravons les interdits en plantant la tente derriere des arbres non loin de la route. La voiture est a 50 metres de la et il faut tout transporter. Trop tard et pas envie de chercher un camping a 18 dollars la nuit sans meme de l'eau chaude au robinet ! On superpose les couches pour ne pas avoir froid. Colombe dort avec vetements chauds et surpyjama. Puis elle se glisse avec delice dans son duvet juste a sa taille. La sachant bien habillee, je dors tranquille, je sais qu'elle aura bien chaud cette nuit.

Le matin nous montre un ciel toujours aussi gris, c'est desesperant. Du coup, on passe un long moment au Visitor Center a regarder le film qui, forcement, parle du parc, ecouter une ranger nous parler de la faune, et commencer a remplir le cahier de ranger junior des enfants.











Puis le ciel daigne s'eclaircir et l'on se rend a la petite maison d'un trappeur transformee en boutique de souvenirs. L'homme a d'abord construit une piece, puis une deuxieme, au bord de la riviere. Voyant du monde passer (d'autres trappeurs ) et bien embete pour passer la riviere, il a construit un bac et ajoute une 3eme piece a sa maison pour en faire une boutique. Le poele chauffe et le gardien de cette demeure a fait des biscuits encore tout chaud dont on se regale !
Le soleil de midi nous fait ressortir les tentes pour les faire secher.






Nous partons ensuite en balade au pied des montagnes. Nous longeons d'abord un torrent, puis surplombons Jenny Lake. Le decors est tel qu'on ne serait pas surpris de croiser Davy Crocket ou Bufallo Bill ! Les paysages de l'ouest tels qu'on se les imagine ! Les marmottes nous montrent le chemin. Il y en a des rousses et des noires. Une biche marche plus haut sur la crete. 
Au bout d'une heure, la pluie se joint a nous. Nous sommes equipes des pieds a la tete contre les averses. Mais, fatigues d'etre trempes jusqu'aux os sans pouvoir se secher, nous faisons demi-tour. Sauf Fred qui veut aller jusqu'aux cascades, puis grimpe jusqu'a un point de vue sur lac. En redescendant par le chemin reserve aux chevaux, il n'y a personne et Fred garde tous ses sens en eveil au cas ou il rencontrerait un ours !  Quelle etrange melange de sentiments que d'avoir envie de voir un ours et de craindre sa rencontre...

Au retour de sa balade, il sort de la neige de sa poche !

Pour la nuit, nous voulons  faire du camping sauvage a l'americaine, c'est a dire reglemente et controle par les rangers : il s'agit en fait d'emplacements de camping primitifs repertories sur une carte dont il faut faire la reservation avant de s'y rendre. Les 2 avantages qui nous plaisent, c'est que c'est gratuit, et qu'il y a tres peu de monde. La, il s'agit de 2 emplacements situes au bout d'une piste et au bord du Jackson Lake. Malheureusement pour nous ces 2 emplacements sont reserves pour ce soir. On decide quand meme de tenter notre chance et on s'y rend. La belle aubaine, ils sont vides. Il est 19 h, on est presque surs que plus personne ne viendra et on decide de s'installer. Il y a donc la place pour nos 2 tentes, une table avec bancs ( les americains ne mangent jamais par terre, meme pas un pique-nique ), un emplacement pour le feu, et a 10 metres, un toilette type latrines.

Pendant que Fred et les grands plantent les tentes, je commence a faire chauffer le repas sur la table. Tout a coup, je sursaute : a  20 metres de moi dans les buissons, une mere ours brun et son petit tout petit qui s'amuse a grimper dans l'arbre. C'est tout mignon mais nous sommes plus qu'informes : les ours sont des animaux sauvages, nous sommes chez eux, et le reglement oblige a se tenir a plus de 91 metres d'eux ! J'alerte Fred et ordonne a tout le monde de monter dans la voiture. Fred est persuade que je me trompe : il a deja vu cette grosse souche noire plusieurs fois depuis tout a l'heure, il n'a pas bouge, je dis n'importe quoi. Les enfants qui nous ont rejoint voient la meme chose que moi. Et ce petit ourson qui joue comme un petit fou est vraiment trop mignon. Bien vite, nous rions autant des cabrioles de ce bebe ours que de Fred qui continue a dire qu'on se trompe ! Il finit par attraper ses lunettes et la " ah, un ours ! "
Nous restons tous un long moment colles a la porte de la voiture ouverte a les observer, prets a bondir dans le camion si la mere cesse de se goinfrer de baies et vient nous dire bonjour.
Mais, c'est que, sur la table, l'eau des pates bout dans la casserole, et la table est remplie de victuailles qui pourraient bien allecher la gourmande ! Je finis par me decider a rejoindre ma cuisine ouverte sur la foret et continue a cuisiner les yeux fixes sur ma voisine d'un soir. C'est quand meme quelque chose de touiller ses pates tout en regardant une mere et son fils ours en pleine liberte a seulement quelques metres ! Le petit grimpe sur le tronc, redescend, remonte et va plus loin sur une branche... Les enfants sont fascines. Tout a coup, la mere grimpe dans l'arbre puis redescend, le petit ourson la rejoint au sol, puis doucement ils s'eloignent de nous et disparaissent dans la foret. Tout le monde respire apres tant d'emotions. Nous garderons toute la soiree les yeux fixes sur le buisson, au cas ou elle reviendrait, tout en regardant en permanence autour de nous, au cas ou elle reviendrait par un autre chemin ! Desormais, c'est en tir groupe que nous nous rendons aux toilettes, l'oeil alerte ! 
Nous ne les reverrons pas, mais plus tard, deux biches broutent tout pres, et un renard passe sur le chemin nous regardant en ayant l'air de dire " ne vous derangez pas pour moi, je ne fais que passer."

En nous couchant, nous avons bien conscience que nous sommes sur un territoire qui ne nous appartient pas et ou nous ne sommes pas les maitres. Nous interdisons aux enfants de se lever pour faire pipi cette nuit !
Le lendemain, nous racontons notre histoire a une ranger, et en montrant la taille de l'ourson avec nos mains, elle nous dit que l'ourson devait avoir environ 2 mois et demi.
 
Pour notre dernier jour dans ce parc, le soleil est plus genereux. Nous nous rendons a un point de vue ou nous dominons toute la vallee. Puis balade sur 2 petites presqu'iles de Jackson Lake. Sans la pluie, ouf !
Avant de quitter le parc, Frederic et Junior se trouvent chacun un chapeau de cow-boy. Ils sont heu-reux !

Fred aurait aime reprendre le velo dans ce parc. La route etait facile donc impeccable pour une reprise en douceur. Mais la pluie a ete tellement presente que la sortie des velos du coffre a ete repoussee. Esperons que le temps s'ameliore par la suite !
A la sortie nord du parc, seulement 8 miles nous separent du mythique Yellowstone. Au milieu, une piste qui part vers l'ouest ou l'on espere trouver un coin pour dormir. A notre grande surprise, a plusieurs endroits de la piste, des chemins menent a des emplacements de camping du meme type que celui de la veille. Encore une fois, nous nous installons seuls dans un decor de film : la prairie d'un vert inoui, la riviere, les vols de canards sauvages qui remontent vers le nord, comme nous, des pelicans blancs et au loin les Rocheuses enneigees... Cette fois, c'est un elan que nous surprenons a 2 pas de notre campement. Nous le suivons de loin jusqu'a la piste et le laissons s'eloigner dans la foret. Nous nous endormons la tete pleine d'images fabuleuses...


Publié dans Carnet de bord USA

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article