Pourquoi nous partons

L'itinéraire

Projections

Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 02:37
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Vendredi 13/03/09

Apres Isla Holbox, sur la cote a Chiquila, nous decidons de nous avancer en bus sur 80 km de route monotone jusqu'a El  Ideal. Notre destination d'ici quelques jours : Tulum (site Maya en bord de mer)
Les velos dans la soute doivent supporter les valises des autres touristes. Dans quel etat vont-ils ressortir ?
Finalement, c'est Fred qui casse un phare en sortant la charette.
Lors d'un arret, le chauffeur veut bien patienter 10 mn pour que Fred, et un etudiant rencontre dans le bus, filent au distributeur de billets car nous sommes a court.

Vers 16h, nous remontons les velos et les 85 kg de bagages, filtrons l'eau une nouvelle fois pour remplir les gourdes ( l'eau du robinet n'est pa potable et nous la filtrons toujours - c'est souvent Quentin qui le fait). Fred part remplir le bidon d'essence pour le rechaud qui n'a pas encore servi, puis c'est le vrai depart a velo !
Vu l'heure nous ferons 6 kms pour rejoindre un village et chercher notre coin pour dormir.

Devant une ecole, nous demandons si nous pouvons dormir dans une classe. Par chance, nous tombons sur un maitre qui nous ouvre sa classe et les sanitaires. Douche dehors sous le tuyau qui fuit, ecriture en Espagnol sur le tableau blanc, courses, jeux sur la place du village, puis l'instituteur nous propose de faire la cuisine chez lui.

C'est typiquement ce genre de rencontre que nous recherchons !

Les enfants regardent Nemo en Espagnol a la tele, nous mangeons riz - petit pois - saucisse. Mailys ne se sent pas bien et vomit tout quelques instants apres. Les enfants sont bien fatigues et nous rejoignons la classe pour dormir.







Samedi 14/03/09

Nous avons 44 km a faire pour rejoindre Coba qui est un site Maya avec quelques lacs autour.
Depart a 9h30. Le thermometre monte rapidement a 30 - 35 degres comme tous les jours, mais heureusement il y a toujours un petit vent pour rendre la chaleur supportable.
La route est monotone : faut plat sur de grandes lignes droites au milieu de la foret tropicale.

Pour nous distraire, de temps en temps, un petit chemin part dans la foret pour permettre aux autochtones de couper du bois et de fabriquer du charbon dans des fours enterres.
Il y a aussi quelques ranch ( ferme avec chevaux ou moutons) et quelques maisons de bois et au toit en branche de palmier.
Il nous faut reperer les villages que nous croisons pour le ravitaillement (chips, biscuits, coca, cheddar, jambon, fruits et legumes et autres pates et riz pour nos menus peut varies).

Au bout de 2h30, nous nous arretons aupres de quelques maisons.

Il fait faim et mais il n'y a pas de "tienda" ou "abarretos" pour nos commissions. Les villageois nous revendent un aquet de biscuits et nous offre de nombreuses oranges a presser. Les enfants n'en prennent pas malheureusement , pourtant ca desaltere et donne des vitamines ( Fred en boit 5 ou 6 !).
Les villageois qui nous tiennent compagnie fabriquent du charbon de bois qu'ils vendent 40 pesos le sac ( environ 3 euros). Ils n'ont pas l'eau courant ni l'electricite, mais ils ont un panneau solaire queleur compagnie leur a prete et peuvent allumer La lumiere ou la radio dans l'une des 2 pieces de la maison.
Il y a une machine a coudre a pedale et les hamacs pour dormir car tous les Mexicains dorment dans un hamac.
Une jeune fille vient nous vendre des bracelets qu'elle a fabrique.

Les enfants ecrivent un peu leur cahier de bord puis nous reprennons la route jusqu'a Coba.

Mailys, qu'est-ce que tu fais ? Tu dors ?
Je tourne la tete et effectivement, Mailys oscille de la tete en dormant a moitie tout en pedalant (car il n'y a pas de roue libre a l'arriere). Il ne faudrait pas qu'elle tombe en roulant !
Je decide de m'arreter un propose a Mailys de s'allonger surle matelas que j'ai sorti et deroule a l'ombre d'un arbre. Repos de quelques minutes, Marie et Juliette nous rejoignent puis continuent avec Quentin.



Arrivee dans la ville, coucher de soleil devant le lac.
C'est notre premiere grande journee de velo. Nos Champions ont bien tenu le coup sous les 35 degres. Quentin toujours en tete, Marie ou Fred derriere avec Juliette qui pedale a sa maniere, un peu reveuse ( je roule d'une main, je me gratte l'epaule, je regarde mon compteur, je me gratte le bas du dos, et tiens si je pedalais plus vite ?!...). Mailys aimerait bien faire moins de velo, mais elle n'a pas le choix. Quand elle decide d'appuyer bien fort sur les pedales, c'est un vrai turbo !

Voila, la nuit tombe et ou allons nous dromir ?
Nous reessayonsl'ecole, mais les maitres "sont en voyage" pour le WE. Alors, au hasard, nous tentons la terrasse d'un restaurant qui ferme et nous aterrissons finalement en face dans un petit cabanon de bois a cote de la terrasse du restaurant voisin. Il n'y a pas de douche, mais un WC et 2 lavabos. Ca fera l'affaire.

Ce soir nous etrainons le rechaud a essence sans plomb. Je savais que ce type d'appareil n'est pas tres facile d'utilisation et ca se confirme : pas de feu doux, il s'etteind regulierement si on ouvre pas plus l'arrivee d'essence et pour couronner le tout, la casserole ressemble a un pot d'echapement de voiture, l'odeur en moins ! Ca promet !
Plus tard, je m'appercevrai que je n'avais pas mis la bonne buse. Mais bon, ca noircit et on s'en met partout. De toute facon nous n'avons pas le choix car il ne se vend pas de gaz.

Repas, douche,  lessive, dodo.
















Dimanche 15/03/09


C'est l'anniversaire de Quentin. Nous n'avons pas trouve de vrai gateau. Quentin prefere attendre notre arrivee sur Tulum qui sera plus prometteur.

Nous allons visite le site Maya et decidons de prendre un guide anglophone avec des Americain rencontres a l'entree. Ils viennent de Livingstone juste au nord du parc Yellowstone, et nous invite chez eux.

Au programme de la visite : temple, habitation avec quelques reste de peinture, jeu de pelote ou le perdant devaits'automutile, steles, et la grande pyramide de 44 m de haut. Il faut s'accrocher pour grimper ces marches raides ( 109 d'apres Juliette) sous les 35 degres.

Picnic, devoirs, repos, puis nous chargeons les velos et, non finalement nous prenons une glace pour l'anniversaire de Quentin. Apres c'est reparti pour pedaler.
Nous verrons jusqu'ou nous irons aujourd'hui car il est deja 16h !

Ouf, Fred a echange avec Quentin un matelas contre une tente, pour mieux repartir les charges en fonction des forces, mais le tandem Fred / Mailys est a la traine.

Ce soir, nous trouverons pour dormir une piece dont les occupants sont abscents ( sauf les moustiques qui sont en nombre). A cote, il y a une douche (super)et un WC.

Juliette et Mailys jouent avec les enfants du village et avec les jeux sur la place.
Les enfants du village nous observent pendant toute notre installation et notre repas par la fenetre et l'entrebaillement dela porte.
Nous deposons des bougies sur un gateau pour Quentin.

Quand c'est l'heure de dormir, nous fermons le volet. Buenas noches les niños ! Hasta magnana.

Lundi 16/03/09

33 km puis c'est Tulum qui s'annonce comme un petit coinde paradis au bord de la mer.
( la suite plus tard).
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Mexique
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 18:16

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Lundi 16 mars  2009 :


Aujourd'hui Nous avons une bonne trentaine de kms pour rejoindre Tulum qui est à la fois un site touristique au bord d'une mer magnifique : eau transparente ou bleu turquoise et sable blanc, et un site Maya.

Dans la région il y a de nombreux "cenotes" qui sont des grottes sous marines d'eau douce.

Au bout de quelques heures de pédalage sous 35 degres et sur une bonne route mais très monotone, nous laissons un premier cenote et nous arrêtons au grand cenote juste avant Tulum. Pique nique puis nous descendons quelques marches dans ce trou de 30m de diamètre pour aller nager (et enlever toute notre transpiration par la même occasion) au bord et sous les grottes et même plonger entre les stalactites.Gràce aux lunettes de piscine, nous admirons les poissons, stalacmites et reflets du soleil sous l'eau. Que la fraicheur de l'eau est agréable apres les kilometres de transpiration ! C'est fantastique et les effets de lumière sont superbes.

Enfin nous remontons sur les vélos, rejoignons Tulum où nous choisissons de planter la tente pour 3 nuits sous l'ombre d'arbres, à côté de Cabañas et au bord de la mer. Petit coin de paradis et repère de routards et autres woodstock nord Américain.

Repos, lessive, baignade, devoirs, réparation de la barre support de sacoche guidon de Juliette ( cassée depuis quelques jours à la suite de la chute du vélo).

Et bien sûr la visite du site qui est perché sur la falaise surplombant la mer.

Il date d'environ 600 ans après JC, est formé d'une enceinte de pierre de 6m d'épaisseur et 4m de hauteur et est constitué de temples, maisons de prêtre et nobles construites en pierre ( et donc encore visibles).
A l'époque, il vivait 200 personnes dans l'enceinte et 1000 à l'extérieur. Nous suivons un groupe de français pour avoir les explications du guide, pas très bavard.
Ces temples qui surplombent la mer turquoise, c'est vraiment beau et unique, on s'en met plein les yeux, avant de descendre les quelques marches jusqu'à la plage où on ne peut resister à l'eau si claire. On se régale dans les vagues, on sait que bientôt, on va transpirer à nouveau !
Le soir, grosses assiettes de frites pour les enfants au resto du campement, et nous plantons les 11 bougies de Quentin sur les frites. Un groupe de musiciens traditionnels arrivent et jouent bon anniversaire a Quentin avec leur orchestre,tout le resto applaudit, Quentin est comblé ! Photo souvenir bien-sur !

Jeudi 18 mars au soir

nous avons décidé de prendre un bus pour Palenque, beaucoup plus au sud : la partie ou nous avions prévu de pédaler est très monotone, on préfère aller pédaler dans des paysages plus enchanteurs : les montagnes du Chiapas. Le terrain sera beaucoup plus vallonné et varié, on verra bien ! Vu la taille du Mexique, autant choisir où on pédale puique de toutes façons on doit faire des étapes en bus.

Nous chargeons donc tout notre fourbis dans le bus, pédales démontées, guidons tournés, on paie un supplément, c'est qu'on occupe tout un coffre du bus !

Départ à 20 h 30, la troupe s'endort quasi immédiatement, jusqu'au petit matin.

Dans la gare routière, on remonte tout et on remet les sacoches dans les pots d'échappement des bus qui arrivent et repartent. Puis quelques courses alimentaires sur la rue principale remplie de petites boutiques et d'etals de fruits : bananes, mangues, oranges, pastèques...

On prend la route pour le site de Palenque, à 8 km de la ville.
Là, les réjouissances commencent : on n'est plus sur le terrain plat du nord, ça monte et ça descend !






On rejoint le campement El Chapan caché dans la jungle et on installe les tentes sous un patio. Encore une fois, on ne regardera pas la couleur des douches et des toilettes, des plus sommaires. Mais bon, tout ce qu'il nous faut, c'est un point d'eau : chaque jour, on filtre l'eau pour la rendre potable, elle ne l'est pas au robinet, c'est souvent Quentin qui se charge de cette mission qui prend du temps.

L'après-midi, direction le site maya de Palenque !

Pas le temps de trainer, une fois les sacoches déposées, nous renfourchons nos montures allègées pour grimper vers le site. Grimper n’est pas trop fort car la côte fait plus de 10 % a certains endroits et c’est …dur , même sans bagages !

Enfin cela vaut la peine. Le site est perché au milieu de la forêt tropicale et c’est super et impressionnant.

On y retrouve une grande pyramide avec un hotel en haut, et sous la quelle le roi Pakal II est enterré ( 3 m sous le sol de la pyramide qui fait environ 35 m de haut). Sont tombeau n’est pas accesible au public, mais des représentation de sa Pierre tombale est vendu par les badaux.

Les Mayas croient en 3 mondes : le ciel avec les dieux, la terre avec les vivants et infra monde (sous terre) avec les morts. Enterrés sous la pyramide, avec 6 esclaves pour  l’accompagner, Le roi voulait donc se rapprocher de l’infra monde pour y accéder plus facilement.

Il y a aussi tout un palai avec salle de réunion des chefs guerriers, salle des visiteurs ou l’on présentait les prisonniers de guerre, habitations dans des galeries, gravures, peinture…

Plus haut un autre temple avec un joli point de vue.

Les Mayas mesuraient en moyenne 1.5m mais ici ils étaient plus grands de 5 cm grâce a une meilleure alimentation. En effet, le climat humide et généreux est favorable à l’agriculture et à l’élevage.

 

La visite s’achève par l’achat de quelques souvenirs puis c’est la grande descente vers le camp.

Après notre séjour en bord de mer, les vélos sont plein de sable et sel, et Fred décide de consacrer la matinée à nettoyer toutes les transmissions et refaire les réglages de vitesses et frein pour que nos montures soient bien opérationnelles. Les prochains jours vont être sportifs et les vélos doivent être fiables.

C’est le départ vers la ville de Palenque pour déjeuner et refaire quelques courses.

C’est la journée des déraillages ! Le tandem déraille dès que l’on passe sur le petit plateau (pratique dans les montées), puis c’est au tour de celui de Marie… Il y a encore quelques réglages à faire!

L’après midi est deja bien entamée lorsque nous repartons de Palenque. Nous ne pourrons pas aller bien loin.

En cours de route, une voiture “coccinelle” rouge nous double puis s’arrête. C’est un journaliste ! Alors, il fait une petite interview et film toute la famille. Retrouver l'article dans la rubrique "média".

 

La route commence à grimper, et il fait chaud ! Vers 17h30, nous nous arrêtons à une bifurcation et surtout avant une montée dont on ne voit pas la fin mais qui doit être longue. Nous n’avons pas le courage de continuer et il est trop tard. Alors, où allons nous dormir ? Il n’y a qu’une petite ferme au bord de la route, les habitants au milieu des poules et des détritus semblent se disputer ( c’est la première fois que l’on constate ca au Mexique). Mais nous avons besoin d’eau et n’avons pas le choix. En fait ils sont presque tous ivres. C’est samedi soir, demain ils ne travaillent pas et la bière internationale Modelo semble très appréciée !

Cela nous rappelle un épisode sombre de notre périple en Afrique du Sud, la seule fois où nous avions eu un peu peur.

Finalement, un vieux va chercher le patron qui arrive en titubant. C’est Pascual, le fermier. Malgrès les dizaines de bières qu’il a dans le nez, il est très gentil et est un évangélique très croyant. I lest fier d’être Mexicain et de nous ouvrir sa porte. Le Dieu unique ( pas comme les mayas qui croient en plusieurs dieux) voit tout.

Nous garons les vélos sous la terrasse couverte où nous dormirons, puis allons nous laver dans une petite cascade à 100m de la maison de Pascual. Il a l’électricité mais pas l’eau courante et rempli ses bidons d’eau a cette même cascade.

Quentin a oublié son maillot de bain et fait demi-tour. Un chien sort de la forêt et va mordre Quentin !    Nous sommes inquiêts car la rage est courante au Mexique et nous ne sommes pas vacciné. Angoisse. Quentin n’a pas très mal mais s’angoisse aussi.

Bon pas de mauvais suspense, c’est un des 3 chiens de Pascual et ils sont tous vaccinés. On va quand même surveillé la morsure et Quentin de prêt.

 

Pascual a une centaine de vaches et taureaux et récolte 50 oeufs par tours.

Maria, une petite fille “louée” et venant du Guatemala sert Pascual. Sa femme a mal à la tête (la bière Modulo) et est couchée.

 

Notre objectif du lendemain c’est d’aller aux cascasdes de Misol Ah. Et comme c’est dans la montagne, ca monte! Que de la montée sur une dizaines de km avec des pentes pas loin des 10%. Autant dire que l’on souffre. Juliette pousse souvent sont vélo et pleur aussi. On se regroupe quelques instants plus tard  lors d’une pose sur un replat. Dur dur !

Vu les efforts à fournir et le temps que l'on met, on pense ne pas aller à la cascade qui nous fait faire un crochet.

Au bout de 13 kms nous arrivons a l'embranchement pour la cascade.  C'est la fin de la matiné alors on y va.

Sur le bord de la route, il y a des dizaines de villageois assis. Que font-ils ?
Nous descendons vers la cascade. Mince, il va falloir tout remonter après ! En bas de la route : une corde nous barre le passage et il y a encore tout un atroupement !
Les gens nous expliquent que les villageois du bas sont en conflit avec les villageois du haut (que l'on a croisé en descendant) et du coup, le site est fermé.
Non, on ne va pas tout remonter pour rien !

Alors on insiste, on dialogue un peu, puis finalement ils nous accordent 10 mn puis 20 mn. Allez on y va.

La cascade plonge de 50 m de haut dans une grande piscine. L'approche n'est pas facile, mais même Marie se baigne dans l'eau (pas trop froide). Comme ca on enlève toute la tranpiration de la matinée !
Derrière la chute il y a une grotte. On s'y aventure à la lueur faiblarde de notre lampe frontale, en marchant dans l'eau jusqu'à une petite cascade intérieure.

En remontant, nous nous arrètons pour pique niquer à côté des villageois du haut. Ils nous réclament une taxe de sortie. Je n'aime pas ca, mais je n'ai pas envie de discuter, je suis fatigué et j'ai faim.
Au bout de quelques instants, des femmes arrivent avec la partie du repas qui va compléter ce qui migeote depuis quelques heures dans des marmittes installées au bord de la route.
Les hommes se rassemblent tous et font comme des grâces, puis les hommes forment une queue pour prendre leur ration. Sans doute que presque tout le village est là.
A la fin, ils viennent nous proposer de partager leur repas. Nous avons pris notre dessert, mais ca ne se refuse pas !
Alors, assis à côté des villageois, nous goutons à ce pôt au feu local avec les traditionnelles et incontournables galettes de maïs qui sert de pain et de fourchette. C'est bon !
Puis comme tout le monde, nous allons laver notre assiette en plastique dans la rivière en contre-bas.

Ce sont des petits moments de découvertes et d'échanges que nous permet notre mode de voyage. En effet, sans les vélos, en voiture, nous n'aurions pas eu accès à la cascade et nous nous serions pas arrètés auprès de ces villageois.
Au moment de partir, je demande combien l'on doit pour le repas et la sortie, ils se concertent et décident de ne rien nous faire payer.
Tous les villageois nous entourent et nous disent au revoir lorsque nous repartons.

Ca vallait bien tous ces efforts !

A la fin de la journée, les dénivelés étant plus favorables, les compteurs affichent 35 kms. Bravo les champions !

Ce soir nous nous arrêtons dans un petit village qui nous ouvre sa salle des fêtes pour dormir.

Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Mexique
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 00:32
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Lundi 22 mars :

Départ tranquille ce matin, après avoir discuté avec les instituteurs de l'école voisine. Les élèves viennent ranger la salle des fêtes qui était pleine de déchêts ( elle avait du servir la veille de notre arrivée pour un spectacle).

La route est clémente, nous passons un pont au dessus d'une large rivière dont l'eau est transparente.
Mais ca ne va pas durer car les montée reprennent sous le soleil.

C'est dur mais le paysage est magnifique : forêt tropicale dans la montagne, superbes vues avec au fond d'une vallée une rivière´`a l'eau bleu turquoise que l'on appercoit de part en part. Quentin dit que c'est l'eau de Agua Azul, la cascade où nous nous rendons. Il a raison.
Nous gravissons la montagne en pédalant et poussant les vélos lorsque c'est vraiment trop dur, et faisons des pauses sur les replats.

Vers 13h. nous ne sommes pas loin de la fin,  nous nous arrêtons pour pique-niquer à l'ombre d'un arbre. Nous sortons même des matelas pour nous allonger, et refiltrons de l'eau au robinet des locaux pour remplir les gourdes vides.
Une chose est sûre, nous aurons bien pris conscience de la chance d'avoir en France de l'eau potable partout, et, à moindre importance vu les températures, de l'eau chaude pour les douches.

Enfin le croisement pour les cascades d'Agua Azul. 4 kms de descente tellement raide qu'on a l'impression de redescendre toute la montagne. C'est sûr, nous ne pourrons pas la remonter en vélo !

En bas, une corde se tend pour le péage de l'entrée aux cascades. Mais 100m plus loin une nouvelle corde pour la même chose ! Les discussions ne changent rien, c'est comme ca, il faut payer 2 fois !
L'endroit est touristique ; et pour cause, le spectacle est magnifique. C'est un enchaînement de cascades sur 1 km de long et parfois 100 m de large.

Nous cherchons un coin tranquille un peu plus haut et trouvons une corde suspendue à un arbre pour faire tarzan et se jeter dans l'eau.

Le soir, nous montons les tentes un peu à l'écart, à 20 m des cascades, et profitons d'une fête évangélique avec concert en plein air, tacos, poulet grillé-frites, et autre riz au lait. Pour une fois, pas de musique à fond jusqu'à 3 heures du mat !
Le lendemain matin, nous nous rebaignons dans les piscines naturelles au soleil, puis une camionnette pick-up nous remonte au croisement.

Nous fixons les sacoches et la charette  et c'est reparti.

Grande descente en bas de laquelle nous nous arrêtons pour filtrer un peu d'eau.  Colombe dort dans la charrette, ce qui n'empêche pas les mamans de se pencher pour mieux voir le petit ange, elles n'en reviennent pas et rigolent de bon coeur ! Un jeune homme nous assure qu'il y a plusieurs villages tout au long des kilomètres suivants. 
Bien vite, la côte réapparait, et c'est toujours aussi dur ! Il y a de la rébellion dans l'air du côté des 2 ainés ! Quentin est devant habituellement, mais là, il reste en arrière avec moi, s'arrête, et jette des cailloux contre la montagne ! Juliette pédale et marche, selon l'energie ! Dans les virages vers la droite, nous nous arrêtons parfois pour laisser les camions nous doubler sans nous mettre dans le fossé. Ils doublent bien-sûr même quand ils n'ont aucune visibilité de ce qui arrive en face, et nous avons quelques frayeurs avec Juliette. On adore s'arrêter dans notre élan pour laisser passer les monstres ! Bientôt, il  est 16h,  et pas de village en vue au milieu de cette montagne.

On cherche un endroit un peu dégagé pour faire du stop pendant le goûter, mais ca ne marche pas.

On continue donc à pédaler, à suer...

La nuit approche, toujours pas de village ou de descente en vue ; Le tandem en tête s'arrête et finit par arrêter les pick-ups vides.
Finalement, des Mexicains acceptent de nous prendre. Ils vont jusqu'à Ocosingo, la ville suivante. 
Nous chargeons vélos et cyclistes dans la benne et traversons ces montagnes, la nuit tombante.
Au début, les cheveux au vent, tout le monde adore !
Au fil des kilomètres, on attrape des crampes coincés entre les vélos et la benne, et il faut bien se tenir a chaque toppe, (dos d'âne mexicain)  !
Il fait frais et nous sommes en plein vent, nous arrivons à atteindre nos polaires dans nos sacoches.
A Ocosingo, le pick up nous laisse dans une rue qui mène au centre ville, mais dans un rayon de 50 mètres, nous trouvons de quoi dîner et où dormir.
Il est tard lorsque nous nous couchons en rang d'oignons dans un cuartido (petite pièce vide de 12 mètres carrés ) et Maïlys et Colombe font des crises de fatigue avant de s'écrouler.

Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Mexique
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 03:23
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Mardi 23 mars

Matinée consacrée au travail scolaire et à internet.
Pique-nique sur les trottoirs sales : chips, tomates, avocats et poulet rôti acheté dans la rue voisine pendant que Fred avance le blog dans le cyber café voisin. On mange tout ça avec les doigts bien-sûr, et la dame du magasin devant nous a pitié de ces petits européens,si sales sur ce trottoir, elle nous apporte des serviettes en papier ! Merci à elle !

Nous avions choisi il y a déjà quelques temps de ne pas pédaler entre Ocosingo et San Cristobal, la route étant raide et chargée de gros véhicules.Une nouvelle camionnette/taxi réquisitionnée par Fred nous conduit l'après midi à St Cristobal de las Casas, à 90 km de Ocosingo, à 2200 m d'altitude.
C'est une ville coloniale, atypique, fréquentée par les touristes et les étrangers qui y vivent aussi.

Notre taxi nous aide à trouver une connaissance francaise, Blandine, qui travaille là depuis 4 semaines dans un programme international d'observation du conflit sous-jacent entre les zapatistes et les militaires. Nous avons de la chance de la trouver : elle est rentrée 30 minutes avant notre arrivée de 15 jours d'observation dans les montagnes.

Nous allons passer 2 jours complets de repos et de visite. Grâce à Blandine,nous nous installons dans une petite pension familiale à 5 minutes du centre ville à pied. C'est Frida et Manuel qui nous y accueillent, avec le sourire, dans leur pension Miramar. Ils ont deux enfants de 10 et 7 ans : Frida et Manuel ! Il y a une cour intérieure et nos enfants y passeront des bons moments de rigolade avec les 2 enfants mexicains.
 
Après une bonne douche chaude, la première depuis la France, une bonne nuit dans un vrai lit pour les plus chanceux (les enfants prendront le lit chacun leur tour),  et après le travail scolaire, nous partons à pied à la découverte de la ville, sous un soleil tout à fait supportable vu l'altitude. Ce n'est plus un problème de supporter 30 degrés !
San Cristobal de las Casas est une ville fondée en 1528, au coeur de la région du Chiapas, où vivent de multiples ethnies indiennes. Dans les rues aux maisons basses et colorées, nous croisons des mexicains de la ville et des indiens des montagnes. Chaque ethnie a sa tenue vestimentaire traditionnelle : certaines femmes portent une jupe noire en laine de mouton avec un haut sombre. Les hommes de ce groupe portent une sorte de poncho de laine noire jusqu'aux jambes, par-dessus pull et pantalons. Leur tête est coiffée d'un chapeau sombre.  D'autres femmes portent une jupe noire avec une frise de fleurs violettes dans le bas.Leur chemisier est souvent brodé de tissus colorés et de rubans.
Ces femmes ont souvent une sorte de gros chale noué sur les épaules, d'où souvent dépasse la tête d'un enfant.
Nos faibles connaissances sur la région nous empêchent d'en distinguer d'autres, mais c'est un plaisir constant de déambuller dans les ruelles et  d'aller de découverte en découverte : partout des vendeurs ambulants, jeunes ou vieux, proposent des mangues piquées sur un bâton et découpées en fleur, des bracelets en coton, des pâtisseries que nous nous empressons de goûter, des glaces, des jus de fruits...
Ravis de nous promener malgré la circulation dans ces rues étroites, nous nous dirigeons vers le marché artisanal : nous avons promis aux enfants l'achat de petits souvenirs que nous laisserons à Blandine qui nous les rapportera en France un jour prochain. Nous déambullons dans ce marché où se succèdent les mêmes articles sur des dizaines de mètres de labyrinthe. Tous ces vendeurs s'ennuient à mourir et l'ambiance est bien triste.
Nous dénichons quand même quelques bracelets et porte-monnaie faits de cotons colorés.
Nous mangeons dans un boui-boui local tortillas et enchilladas délicieux, enfin, ça nous change de nos sandwichs quotidiens. Puis nous partons à la recherche de la glace promise depuis Palenque !
En début d'après-midi, nous retrouvons Blandine devant la cathédrale, et comme promis à 14 h 30, son portable sonne, Juliette décroche, ce sont les parents de Fred ! Pendant quelques minutes, chaque enfant peut parler et raconter... surtout la grosse glace qu'il vient d'engloutir !!

Après avoir essayé en vain d'ouvrir les portes de la cathédrale, Blandine nous mène vers le marché artisanal installé sur les pentes d'une petite colline qui mènent à l'églises Santo Domingo, bâtie en 1547. Sa façade baroque qui date du 17ème siècle est spécialement chargée. Au pied de l'église et sous de grands arbres, femmes et hommes vendent de nombreux articles souvent très colorés : tissus, tapis, jouets en bois, figurines en tissu de zapatistes à cheval, flanqués de leur passe-montagne noir, chemisiers brodés, et des bracelets par dizaines, les filles en choisissent pour elles et pour offrir aux amies.
Au pied des escaliers, un couple propose un jus d'orange pressé sous nos yeux : d'abord l'orange est coincée entre deux tiges, puis l'homme tourne une manivelle qui fait tourner l'orange sur elle-même et la pèle avec une lame. Elle est ensuite facile à presser. On se régale tous tellement en mettant ce verre à nos lèvres, qu'on en commande un autre sitôt le verre vidé, et on ne sait plus si les enfants en redemandent pour pouvoir tourner la manivelle ou pour se désaltérer de ce breuvage délicieux !
Quand le stock d'oranges du couple amusé a bien diminué, nous nous dirigeons vers le marché alimentaire, où nous choisissons le quartier des fruits et légumes pour nous balader.
Une fois encore, c'est un ravissement pour les yeux et le nez : partout, des petits seaux en plastique supportent des pyramides de fruits : mûres, fraises, mangues, goyaves, pommes, citrons verts ou tomates. On achète des petites mangues qu'on pèle et mange sur place.
On discute avec une vendeuse qui s'étonne de voir une européenne avec 4 enfants, normalement, elles n'en n'ont que 2. Elle dit que je suis une vraie femme !
Les pieds des enfants commencent à trainer et nous rentrons à la pension.

Le lendemain, nous prenons un collectivo, c'est à dire un mini bus de 12 places qui nous emmène dans les montagnes à 15 km de San Cristobal, au village de San Juan Chamula.
Nous déambulons d'abord dans la rue fermée aux voitures où se trouvent quelques marchands.Quand nous débouchons sur la place du marché, nous restons sans voix : des dizaines et des dizaines d'indiens en costume sont assis à même le sol et vendent les produits de base. Cela va des tomates aux barettes, et toujours les vendeurs de glace ambulants.  Nous voudrions avoir 10 paires d'yeux pour pouvoir ne rien rater de ce qui se passe sous nos yeux : les enfants qui têtent, les rapports hommes femmes, les comportements de chacun. Je sais que ces gens n'aiment pas être photographiés, aussi, je prends quelques photos à la volée, vous ne verrez  pas de beaux portraits.
Au bout de la place, nous atteignons l'église San Juan Bautista, blanche , à la façade verte ornée de moulures multicolores.On sait qu'il s'y passe des choses étranges, et on veut rentrer. Les 4 enfants s'enfilent par la porte entrouverte, puis quelqu'un nous barre le passage : il faut aller à l'office du tourisme payer un droit d'entrée,à l'autre bout de la place du marché ! Fred s'empresse de s'y rendre, et j'essaie d'expliquer au gardien que mes enfants sont dans l'église et qu'il faut que j'y rentre : je sais qu'il doit y règner un silence absolu, et bien que j'ai prévenu les enfants, je ne sais comment ils se comportent à l'intérieur ! Je ne voudrais pas qu'on les donne en sacrifice !
Au bout de 10 petites minutes, ils ressortent, ouf !
Dès que Fred arrive, nous franchissons la porte et sommes saisis par une ambiance iréelle : l'église a été débarrassée de son curé et de ses bancs comme dit le guide, le sol est jonché d'aiguilles de pin qui doivent absorber les mauvaises ondes. Cela rend le sol carrelé très glissant, et nous faisons des petits pas avec précaution pour ne pas glisser et tomber sur les dizaines de petits cierges scintillants posés à même le sol. Les familles se regroupent ça et là, à genoux sur le sol, dégagent un peu les aiguilles de pin, et allument ces dizaines de bougies devant eux tout en marmonant des paroles de prière. Fidèles aux coutumes de leurs ancêtres mayas, les villageois croient davantage aux pouvoirs de leur chaman qu'à ceux de l'église catholique. Devant eux, des bouteilles de coca ou de fanta font partie du décor.
Pas un bruit, et les enfants respectent ce silence.  Nous respectons l'interdiction de faire des photos, il vous faudra venir voir sur place !
Dehors, nous longeons l'autre côté de la place, et nous nous arrêtons devant une parade inconnue à nos yeux. Un espagnol qui connaît les coutumes nous explique ce qui se passe : les hommes habillés de noir et de blanc, au chapeau orné de rubancs colorés, ce sont les juges. Ils tiennent un bâton qui ne doit pas toucher le sol, ce qui signifierait qu'ils négligent leur travail. Ils sont une trentaine. A côté d'eux, les hommes habillés de blanc, avec un poncho de laine blanche, armés d'un grand bâton noir, ce sont les policiers. Ils sont autant que les juges. Ici, dans ce village qui résiste aux autorités du pays, ce sont ces hommes qui font la loi.
Les juges sont alignés assis sur un long banc. Ils sont prêts à traîter une nouvelle affaire :  une femme arrive en pleurs et explique son cas : son mari vient d'être arrêté et emprisonné car il la battait. Elle veut le faire libérer. Très rapidement, les juges décident du montant de la caution : 4 caisses de coca-cola !!!  

On ne regrette pas notre virée à San Juan !

De retour à la pension, nous préparons nos sacoches pour quitter la ville le lendemain à vélo. Nous avons récupéré notre linge confié à des laveries. Nous retrouvons l'odeur d'origine, mais pas la couleur, c'est aussi sale qu'avant ! Tout a dû être lavé à l'eau froide. Je me demande à quoi on ressemblera dans 5 mois si on a des habits aussi sales que ça au bout de 15 jours !
Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Mexique
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 01:02

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Samedi 28 mars :


Manuel, le patron de la pension, nous escorte gentiement en moto jusqu'à la sortie de la ville pour nous mettre sur la bonne route. Aux revoirs affectueux, puis avant de s'attaquer à la montée, Marie déraille et bloque la chaîne entre les plateaux !
Apparemment, toutes les villes de montagne ici sont encaissées dans une cuvette. C'est le cas d'Ocosingo, comme celui de San Cristobal. Nous commençons donc par 3 km de côte. Mais cette fois, c'est sûr, il y a une descente derrière  ! Nous empruntons une voie rapide avec bande d'arrêt d'urgence que nous utilisons.
Au programme, 60 km dont 45 de descente !
Avant de s'attaquer à la pente, nous briffons les enfants sur quelques consignes de sécurité : l'usage des freins avant et arrière en alternance pour ne pas faire chauffer les jantes et faire éclater les pneus, distances de sécurité, maintien du guidon, ne pas se retourner en pleine vitesse, passage sur les vitesses adaptées ;  nous attaquons, et faisons des arrêts réguliers.
L'air est un peu frais, mais qu'importe ! Quel bonheur de voir les km défiler aussi vite sur le compteur sans fournir le moindre effort ! Après tous ceux qui ont été fournis, c'est jubilatoire ! Il y a un léger vent de face, et tant mieux, cela nous empêche de prendre trop de vitesse. Je redoute la chute d'un enfant roulant à vive allure et n'ose imaginer les conséquences. Je suis Juliette qui-ouf!- laisse ses 2 mains sur le guidon. Habituellement, elle se gratte le dos, regarde l'heure sur son compteur, règle son rétro... !
Nous sommes du côté amont, et de l'autre côté, le vide ! 1400 m de dénivelé jusqu'à la vallée en bas, qui apparaît bien aride.

Toute la matinée, nous descendons, et avec la perte de l'altitude, l'air se réchauffe, de plus en plus ! Bientôt, nous sommes comme dans un four ! Nous ne prenons pas le temps de nous couvrir de crème solaire, et pendant la dernière heure de vélo, nous cuisons comme de vulgaires rôtis.
Nous nous arrêtons à Chiapas de Corzo, on ne peut pas aller plus bas : nous sommes au bord de l'eau, à l'entrée du Canyon del Sumidero.
On s'apprête à pique-niquer assis dans la poussière, mais une dame nous apporte une table et des chaises, de son mini resto.
On mange, et pas une parole ne sort de nos bouches : on est complètement sonnés par autant de chaleur, bien que nous soyons à l'ombre, il va falloir faire avec maintenant, jusqu'au Pacifique !
Nous prévoyons de faire une balade en lancha ( grande barque) sur la rivière, mais nous attendons que le soleil baisse un peu.

A 15 h, on embarque avec des mexicains, c'est samedi, c'est la sortie, et un couple d'européens qui embarque avec  eux  2 grosses valises sorties de leur coffre, d'aucune utilité dans ce bateau ! Je me demande bien ce qu'elles contiennent pour faire partie du voyage.
Le bâteau à moteur avance à pleine vitesse sur le rio Grijalva, et après que nous soyons passés sous un grand pont haut au-dessus de notre tête, les montagnes se ressèrent et nous entrons dans le canyon.
Le bateautape sur les vagues, c'est un peu tape-cul. Colombe adore ça, elle rigole beaucoup.

Notre guide ralentit et stoppe près de la rive :  un crocodile qui se confond dans le paysage se fait dorer au soleil sur la mini plage de galets. Il ne bouge pas d'une dent. Puis nous apercevons toute une famille de singes-araignées qui passent d'un arbre à un autre tels des acrobates. Ils sont noirs et blancs, ils se distinguent donc bien dans le feuillage.
Nous avançons à l'ombre, grâce aux  parois du canyon qui bientôt atteignent 1000m de haut. Les rochers sont couverts d'arbres et d'arbustes, mais tout est très sec, c'est la saison sèche. Sur la rive, les aigrettes tordent leur cou gracile, et les rapaces planent au-dessus de nous.

Pendant la saison des pluies, les cascades abondent, mais aujourd'hui, pas une goutte ne ruisselle. Nous admirons tout de même une formation impressionnante : l'Arbol de Navidad (l'arbre de Noël ) : une cascade qui ressemble à un gigantesque sapin de roche moussue.

Le canyon fait 25 km de long jusqu'au barrage Manuel Moreno Torres. L'aller-retour nous prend 2 heures.
Avant de rentrer au point de départ, nous apercevons un autre crocodile aussi endormi que le premier.

A côté du ponton, Fred a repéré un coin d'herbe juste assez grand pour planter nos 2 tentes. Mais mon regard se porte sur l'embarquadère même qui m'a l'air parfait pour nous accueillir : c'est un espace dallé couvert d'un toit en tôle ondulé où le gardien distribue et récupère les gilets de sauvetage. Cet homme accepte que l'on s'installe pour la nuit. En attendant que les dernières barques rentrent, les enfants s'installent pour faire leur heure de classe ou leur carnet de bord.
Quand les derniers visiteurs sont passés, on installe matelas et duvets en rang d'oignons comme d'hab, juste devant la rivière. Pas besoin de planter la tente. On aime bien car on gagne du temps le matin.  Le cadre est chouette, très calme, c'est appréciable. C'est samedi et l'on espère qu'aucune fête trop bruyante ne viendra polluer ce silence si rare.
Quentin et Juliette se baignent dans la rivière une fois la nuit tombée, cela fera office de bain. Nous nous contenterons d'une toilette de chat au robinet.

Le gardien a branché sa pompe pour avoir  l'eau de la rivière au bout de son tuyau, et c'est parti pour le grand ménage des dalles, des sanitaires (on n'a jamais vu aussi propre ! ) et même de la route. Ca le passionne, ça dure des heures, même quand il fait nuit, peu importe. Et quand il revient à 5 h 30 pour attaquer sa journée de boulot alors que nous dormons profondément, il remet ça : la pompe, le tuyau, le balai, on est vraiment dans un pays de gens qui sont nocturnes et diurnes ! Dommage, aucun coq, aucun chien n'avait troublé notre sommeil jusque là !
Au petit jour, lorsque j'ouvre les yeux, je n'en reviens pas : il y a des nuages, plein de nuages ! Chouette, on va pouvoir pédaler sans griller !
Quentin lit déjà dans son duvet. Vite, il s'en extirpe et court sur le ponton avec son matériel de pêche. En quelques minutes, les filles le rejoignent. Bientôt, victoire, Quentin attrape un tout petit poisson, juste avec son fil et du pain en appât. Il espère que c'est le premier d'une longue série ! Maïlys le remet à l'eau, puis vite, vite on range tout pour avoir une chance de pédaler sous une température correcte ( moins de 35 degrés).
Mais quand on démarre, zut, les nuages ont filé !
Nous sortons de Chiapa de Corzo, puis il nous faut presque la journée pour traverser d'est en ouest Tuxtla Gutierrez, une ville sans aucun intérêt. C'est dimanche, il n'y a donc pas trop de circulation, mais bien assez pour nous qui détestons traverser les villes en vélo.
Pendant près d'une heure, nous sommes escortés par un groupe de cyclistes pro aux maillots multicolores. Tout en pédalant à nos côtés, ils nous interrogent sur notre présence ici. Puis disparaissent.
Enfin, dans l'après-midi, nous abordons la côte qui nous permet de sortir de Tuxtla. 

Un choix trop rapide nous fait prendre la mauvaise route et nous emmène sur un petit détour. Zut !
Nous nous arrêtons à Berriozabal et nous payons une glace pour le goûter. Nous  reprenons nos petites reines et nos yeux cherchent un endroit susceptible de nous accueillir pour la nuit. C'est une petite ville, et il va nous falloir frapper à une porte.  La première tentative est la bonne : un jeune couple qui attend des jumeaux et loge chez la grand-mère nous accueille avec le sourire. Nous discutons 5 minutes sur le trottoir, en présence de la voisine qui nous propose aussi de nous héberger. Finalement, pour contenter tout le monde, nous proposons de dîner chez la voisine ! Pas de problème, notre hôte est d'accord !

Une fois les vélos dans le garage, tout le monde passe à la douche dans une vraie salle de bain. On fait une petite lessive dans le lavabo. Quand enfin vient mon tour (Marie), plus une goutte quand  je suis couverte de savon ! Fred se renseigne : les cuves sont vides ! Si on avait su, on n'aurait pas fait de lessive ! Au bout d'un quart d'heure, j'obtiens un fond de seau d'eau froide pour me rincer ! 

Le dîner chez la voisine Veronika est très agréable. Elle a très envie de communiquer avec nous. 
Elle dispose sur la table des tas de plats remplis de mets différents : elle vient de cuisiner pour sa semaine, tout est là. On pioche dans les spaghetti au fromage, les pâtes aux oeufs durs ou la purée de pois avec du poulet.
Sitôt leur assiette avalée, les enfants filent devant la télé dans la pièce voisine rejoindre les 3 enfants de Veronika.
Nous parlons voyage, Veronika a des projets de pédaler un jour en Espagne ou en Italie, en vélo. C'est encore flou.
On lui demande comment est la route le lendemain, ça monte, puis ça descend dit-elle. Elle a un mini bus et a très envie de nous emmener un bout de chemin avec notre matériel dans son van. OK pour la côte.

Avant que nous partions nous coucher, elle nous offre des cadeaux à l'effigie de sa boîte : gourde, briquets... et elle me noue au poignet un ruban où est passé un petit bijou couleur argent où est représenté un ange. Elle explique qu'il va veiller sur moi, et que le jour où le ruban cèdera, c'est que je n'aurai plus besoin de lui...

Quand tout est chargé le lendemain, on démarre. La côte dure quelques km, puis nous entamons une lonnnngue descente ! Avec bande d'arrêt d'urgence en plus ! Je m'énerve en français : qu'est-ce qu'on fout là dedans si ça descend ? La discussion dure un peu et Veronika comprend le malaise exprimé dans notre langue.
A regret car elle voudrait nous emmener plus loin, elle dit qu'elle s'arrête quand on veut. Alors c'est là. Sur une route toute droite, moche, et étroite que nous réenfourchons nos montures.
Aux revoirs à Veronika qui pense nous croiser le soir quand elle rentrera chez elle.

On fait 2 km et on décide d'aller saluer les enfants de l'école primaire devant laquelle nous passons. Il n'y a pas beaucoup de maisons alentours, pas de village, les enfants doivent venir de la campagne environnante.
Il est 11 heures, c'est la pause déjeuner. En effet, tout est décalé puisque dans cette école, les cours commencent à 7 heures. Les enfants en uniforme bleu ciel et bleu marine se regroupent autour de nous, et nous sommes très bien accueillis par les instituteurs. A l'ombre dans la cour, nous expliquons le voyage, les adultes posent des questions sur le matériel, les enfants qui pédalent.

Pour le repas, les niños (enfants) font deux fois la queue :
- une fois pour le verre de lait et le plat chaud :  une femme a cuisiné sous la palapa (paillote au toit de branches de palme ) le plat de base : purée de pois qui ressemble fort à une purée de lentilles, riz et tortilla ( galette ronde de maïs ), le tout servi dans une assiette en plastique, sans couvert. Les enfants vont s'asseoir dans l´herbe pour déjeuner, puis mettent la vaisselle sale dans une grande bassine. Ce plat est subventionné par l'état dans les écoles où les familles ont peu de moyens financiers,
- une autre fois pour s'acheter une douceur  sucrée ou salée à la petite boutique tenue par des élèves : sucettes au chili, pop-corn, biscuits apéro à la sauce piquante, chewing-gum, biscuit au chocolat... la liste est longue !
Chaque enfant a sa pièce de 50 centimes ou 1 peso, et c'est la bousculade ! Rien n'est imposé, les enfants peuvent commencer par les bonbons ou par le plat chaud !
Nos enfants ne veulent pas du plat traditionnel qui leur est gentiment proposé. Par contre, ils réclament la pièce pour se payer une friandise ! petit bonheur que d'acheter seul sa petite douceur !

Nous rentrons dans une classe où le professeur nous explique que l'Espagne fournit et loue aux deux classes aînées des retro-projecteurs et des ordinateurs.
Il est temps de laisser les instituteurs déjeuner, adios à gauche, adios à droite, même Colombe salue de petits "adios" les élèves, et nous reprenons la route.

Après quelques kilomètres, nous nous trouvons à l'embranchement d'une piste qui mène à une cascade dont Veronika nous a parlée. Le panneau annonce 3 km. Il nous faut cogiter : depuis le début, les cascades où nous nous rafraîchissons avec bonheur sont au bout d'une lonnnnnngue descente... qu'il faut bien-sûr remonter.
Courte réflexion, et puis ce serait trop bête de rater ça, on y va !
La piste longe un ranch de vaches et de chevaux. Un mexicain habillé en cow-boy s'occupe des bêtes.
Dans la végétation en fouillis, quelques cactus apparaissent.
Au bout de deux kilomètres, la piste commence à descendre, je mets tous mes sens en alerte pour voir la suite. 500 mètres plus loin, le paysage se révèle : nous sommes sur la crête d'un canyon, magnifique ma foi, et à la profondeur inestimable...
Je préviens Fred tout de suite : je ne descendrai pas au fond de ce trou et sur cette piste difficile en vélo ! Ça sera impossible à remonter, à moins d'y consacrer une journée, et puis on a presque plus rien à manger, et puis si ça se trouve, c'est nul, en tous cas, c'est pas fréquenté par les cars de  touristes, il n'y a pas âme qui vive à l'horizon.
Enfin, je pique ma petite crise quoi !
On décide de laisser les vélos sur le côté de la piste, et de continuer à pied avec le pique-nique et les maillots de bain. Deux virages plus loin, nous arrivons au péage de la cascade Aguacero : un bar local, c'est à dire une palapa où on peut boire un coca à l'ombre et acheter des oranges, des sanitaires (si, si, c'est très important, vous verrez pour la suite) , et une dame qui nous demande gentiment de payer pour continuer à descendre. Soit. A peine avons-nous mis le pied sur la première marche, que le monsieur nous annonce 728 marches pour descendre jusqu'à la cascade... Pardon, j'ai pas bien compris, vous pouvez répéter ?!!!!!!!!

Le truc que vous ne savez pas encore, c'est que j'ai une rougeur sous le genou gauche et jusqu'à la cheville, et que c'est douloureux. On pense que c'est un échauffement musculaire, mais en fait on n'en sait rien. Je m'énerve encore un petit coup, laisse passer  Fred et les enfants devant, sauf Colombe qui est comme aimantée à moi depuis le début du voyage, et qui rapidement se retrouve dans mes bras pour cette descente vertigineuse. Nous croisons un groupe d'étudiants qui remonte complètement essoufflés et mouillés de transpiration, et ma colère se transforme en larmes jusqu'à ce que j'arrive en bas. En fait, j'ai peur pour ma jambe que cette descente et la remontée lui soient fatales et qu'ensuite, je ne sois plus capable de pédaler tout simplement.
De plus, depuis le début du voyage, je dors très mal ( décalage horaire,chiens, coqs, camions, fêtes bruyantes ont souvent perturbés nos nuits, ainsi que Colombe qui dort à  côté de moi et que je dois plusieurs fois par nuit remettre sur son matelas). Je cumule donc de la fatigue, et après le pique-nique au bord de l'eau, je m'écroule pour une petite sieste.

Je peux ensuite profiter du paysage que le reste de la famille a déjà exploré.
 Nous sommes au fond d'un canyon où coule une rivière et où s'engouffre un vent vraiment chaud. De la falaise, à différents endroits, et dans une végétation luxuriante descendent de magnifiques cascades, qui viennent grossir le cours d'eau pas bien gros mais dont le courant est étrangement puissant.
Notre Robinson Quentin est dans son élément, cours et grimpe partout, explore comme un naufragé découvre une île salvatrice. Juliette ne le quitte pas d'une semelle ou presque. Fred m'indique un endroit qu'il a repéré où l'eau est vraiment chaude. Et c'est vrai, en amont des cascades dont l'eau froide rafraîchit la rivière,toute la famille se plonge dans des bassins exceptionnellement chauds pour un cours d'eau presque en permanence à l'ombre vu la hauteur des falaises.
Ce bain dans ce cadre sauvage me remet les idées en place, et je suis prête pour affronter la remontée. Fred se charge de Colombe, qui à l'exception des premières marches, remonte tout à la seule force de ses petits mollets musclés !
Une fois en haut, il est 16 h 30, nous nous payons un coca et des oranges bien juteuses, c'est bon à n'importe quelle heure de la journée.
Vu l´heure, on ne va pas se mettre à la recherche d'un village pour la nuit. On discute donc avec le gardien : on aimerait dormir au ranch, on lui demande ce qu'il en pense. Il dit que le soir, les hommes s'en vont. Et nous propose de dormir là, sous la palapa, au bord de ce canyon majestueux. L'idée nous plaît, et nous acceptons à la plus grande joie des enfants qui partent aussitôt à la recherche de bois mort pour le feu qui nous servira à faire la popote ce soir. 
L'homme a quelques produits en stock, et nous lui achetons du pain de mie, des fruits, et le reste de son beau morceau de steak qui cuisait quelques temps auparavant sur la grille et sur lequel Fred louchait d'un oeil envieux ! 

L'homme propose de descendre nos vélos restés plus haut, dans son pick-up. La pente est trop raide pour les enfants qui obligatoirement se casseraient la figure en voulant freiner leurs montures chargées. Nous montons donc tous dans la benne du véhicule, et trois virages plus haut, nous chargeons les vélos des enfants, qui, ravis, restent dans la voiture pour redescendre au campement. Fred et moi sommes sur nos vélos et nous abusons de nos freins qui couinent .
Vite, avant la nuit, Fred et moi montons les tentes pendant que les enfants font leur heure quotidienne de travail scolaire, sur les tables en plastique.
Les 3 femmes présentes avec 2 enfants font la vaisselle, les comptes de la journée, rangent leur abri. On se demande qui elles sont par rapport à l'homme ? On a du mal à leur donner un âge. La plus vieille allaite le petit...
Puis toute la troupe nous laisse et nous voilà seuls dans ce décor unique. 
Quentin et Juliette préparent une veillée avec application, et nous ne serons pas déçus : nous sommes accueillis par un air de fifre, la flûte traversière en plastique de Juliette qui improvise pour l'occasion. Puis Quentin a écrit des vers qu'il lit, et Juliette mime très simplement des gestes que lui évoque la lecture. Ensuite, les rôles sont inversés, puis Quentin lance un jeu calme pour que tout le monde aille se coucher. Chapeau.

Nous n'avons pas beaucoup pédalé aujourd'hui, 15 km tout au plus, mais qu'importe. Nous avons échangé avec des écoliers, découvert un endroit magnifique dont nous étions les seuls à profiter, nous avons rencontré  des mexicains qui avaient comme seul but de nous aider, en toute simplicité, avec le peu qu'ils possédaient, nous avons passé une soirée magique avec nos enfants sous le ciel étoilé, et dormi sans qu'aucun bruit nuisible vienne troubler notre sommeil.


Mardi 31 mars 09 (mauvaise journée) : 

Après un café chauffé sur les braises rallumées, l'éco-garde de la cascade nous remonte en pick-up jusqu'à la route.

Nous roulons d'abord un peu en petite montagne, ça monte et ça descend, et c'est rempli de camions qui nous doublent en klaxonnant ou en lachant une grosse fumée noire, berk ! Nous sommes sur une route en travaux, d'autres tronçons neufs sont ammenés à être ouverts. Dans la descente, on croirait rouler au milieu d'une carrière tellement c'est poussièreux !
Nos petits cyclistes avancent comme s'ils étaient sur une jolie route de Provence, sans broncher, sans se plaindre de ces monstres qui les doublent et de tout ce qu'on avale comme cochonneries ! Ils ne font pas le poids par rapport à tout ça et je suis tendue, je redoute l'accident : si un camion accrochait un enfant, il volerait comme un fétus de paille ...

Nous roulons ensuite sur une route droite au milieu d'un paysage ressemblant à la savane : grands arbres et herbe jaunie. C'est sans cesse "up and down", ça monte et ça descend.
La non-visibilité de ce qui arrive en face derrière la bosse ne gêne nullement les 4 roues qui nous doublent sur la voie de gauche malgré la double ligne jaune. Quelques mots pas très jolis s'échappent de ma bouche, je suis en colère contre ces monstres qui frôlent mes petits cocos ou qui ne tiennent pas compte déux dans leur comportement !

 Sur l´heure du midi, nous avons bien roulé et atteignons, fatigués, la ville de Cintalapa. Nous descendons vers le centre ville et  recherchons une plage au bord d'une rivière, mais la rivière est à sec et nous nous arrêtons sur la grande place ombragée aux nombreux bancs ou flanent petits et grands, cow-boys et étudiantes, qui craquent devant Colombe. Souvent, on nous demande : niño o niña ? C'est drôle, beaucoup de gens la prennent pour un garçon. On dit alors qu'elle s'appelle Paloma, Chiquita Paloma, et Colombe commence à répondre quand on l'appelle de cette manière !
En arrivant sur la place, on a juste envie de s'assoir, de manger, et de boire. Mais un journaliste et un photographe nous interpellent, commencent à poser des questions. Je dis à Fred de leur dire qu'on est crevés, que les enfants veulent juste manger, puis je pars à pied dans la rue toute proche et fais 4 petits magasin pour acheter de quoi faire le pique-nique. Je m'arrête dans une rôtisserie de poulets, qui coûtent 48 pesos pièce. Je donne un billet de 50 pesos à la dame qui n'a pas de monnaie. Pour me rembourser, elle me dit de choisir 4 bonbons dans son bocal ! Les bonbons sont en vente partout au Mexique, les gens consomment beaucoup de sucreries. Plus tard, quand on goûte les bonbons, on les crache aussitôt, ils sont dégoutants !

En milieu d'après-midi nous repartons car nous ne souhaitons pas rester ici et souhaitons avancer un peu.

La route ne comporte toujours pas de bande d'arrêt d'urgence et il y a du trafic.
C'est pénible et dangereux, on en a marre, ça nous met à cran.

En haut d'une côte, lors d'un arrêt pour tous se regrouper, dans le caniveau sur le côté de la route, nous décidons d'arrêter de pédaler, de chercher un abri pour la nuit et un moyen de transport pour demain afin de poursuivre la route vers le Pacifique.
Le tandem et Quentin repartent en premier car Colombe refuse de monter dans la charrette et Juliette, comme souvent, reste avec Marie.
100m plus loin de l'autre côté de la route il a un ranch plutôt sympathique et bien tenu contrairement à ce que l'on voit habituellement.
Fred traverse la route avec le tandem et recommande à Quentin, qui est un peu plus loin, de bien regarder avant de traverser.
Quentin regarde bien dans son rétro les véhicules qui arrivent derrière lui, ..... mais pas devant !
En coupant la route, une voiture à faible allure percute l'arrière de son vélo. Ils sont projetés en l'air et retombent dans l'herbe sur le côté.
Enorme frayeur de Fred qui voit toute la scène, mais heureusement Quentin se relève en criant de peur et de mal. Fred l'attrape dans ses bras et court affolé. Le conducteur vient prendre des nouvelles, mais Fred lui fait comprendre de partir s'il ne veut pas se prendre un coup de poing dans la figure.
Quentin marche, et n'a que des égratignures aux jambes et aux bras. Plus tard, de nombreux bleus apparaîtront, les plus gros sur les fesses,  ainsi qu'une douleur en haut de sa jambe droite quand il veut la plier.

Marie et Juliette arrivent alors. On vous passe les cris et pleurs affolés de la mère.  Juliette va libérer Mailys qui retient toujours le tandem que Fred avait laché précipitamment, et Marie soigne les égratignures de Quentin qui a demandé à s'allonger sur un matelas. Quand Marie lui demande si il se sent bien, il dit " je veux dormir, juste dormir..." Marie le surveille de prêt !
Maïlys réalise sans doute la situation et pleure aussi...

Un attroupement s'est  formé tout de suite et les gens nous proposent leur aide. Ils sont d'une gentillesse extrême, nous rassurent, nous disent que notre fils n'a rien de grave, et font des grandes tapes aux épaules de Fred quand celui-ci craque à son tour en réalisant la chance qu'on a eu, l'horreur qu'on a évitée. 
Rapidement après, sans qu'on n'ait rien eu à faire, la police et une ambulance arrivent. Un ambulancier fait un bilan de santé de Quentin. Il pense qu'il n'a rien de cassé, mais propose, par précaution, de l'emmener à l'hôpital faire un chek-up.
Tout le monde nous propose de nous héberger, de nous faire à manger, de mettre les vélos dans son pick-up, et de nous emmener chez lui. Que de gentillesse...
Nous cogitons sur la meilleure solution et choisissons de rester avec les policiers qui peuvent communiquer entre eux afin que les 2 groupes de la famille se retrouvent  facilement !

Finalement, Fred ( il parle espagnol)  accompagne Quentin dans l'ambulance jusqu'à l'hôpital de Cintalapa que nous avons quittée il y a peu, où le médecin fait faire une radio pour confirmer qu'il n'y a pas de fracture. Il lui fait une piqûre anti-douleur, nous donne des médicaments. 
Pendant ce temps,les policiers  chargent les vélos et les affaires dans leurs 2 picks-up, et emmènent Marie et les filles dans les bâtiments de la protection civile, un peu avant la ville. Ils nous offrent des bouteilles d'eau, Marie reprend ses esprits. Rapidement, ils me passent Fred sur une radio qui me dit qu'ils sont déjà pris en charge.

Rapidement, un homme me demande où je vais dormir... c'est une bonne question... !
Il me propose le dortoir et sanitaires des pompiers, avec cuisinière et frigo s'il vous plaît, j'accepte bien-sûr, je n'ai pas le choix et suis ravie de la proposition.Plus tard, il envoie ses hommes se coucher dans le mobile home voisin.

Alors que le soleil décline, qui voilà déjà ?!!! Frederic et notre Quentin tout blessé mais entier ! Quelle bonne surprise, je ne m'attendais à les revoir que dans la matinée.
En faisant un gros calin à notre fiston, je remercie tous ceux que je peux remercier : le Bon Dieu, la providence, notre bonne étoile, et le petit ange que je porte au poignet depuis hier...
Quentin est claqué et se couche tout de suite dans un grand lit. Il se relèvera tout de même pour le dîner.
Après le repas, Fred redresse le porte-bagages du vélo de Quentin pour remettre d'aplomb son vélo.
Dans l'accident, la voiture a percuté les sacoches arrières qui ont jouées le rôle d'amortisseur. Heureusement, car sinon c'était Quentin qui prenait tout !

Bref, Quentin l'a échappé belle, nous avons eu une grosse frayeur, et c'est sûr, nous ne roulerons plus dans ces conditions et au Mexique.

Le lendemain, les pompiers nous transportent jusqu'à l'état voisin (l'équivalent du département). Nous retraversons des montagnes, où tout est très sec. Les hommes nous déposent à la sortie de la petite ville de Tehuantepec. Je cours acheter des bières pour les remercier avant qu'ils ne repartent dans l'autre sens.
Pendant qu nous essayons de faire du stop pour aller plus loin, les enfants travaillent. Des pick-up et des camions énormes passent devant nous chargés de mangues, de tonnes de mangues, et laissent une odeur bien plus agréable que celle des pots d'échappements !
 Le stop ne marche pas, les voitures qui veulent bien s'arrêter ne vont pas bien loin. Quentin a déchiré une feuille du cahier de brouillon qu'il me tend : il y  a écrit en rouge et en gros : " alto" , ce qui veut dire stop en espagnol.
A midi, nous nous installons dans la gargote voisine qui vend aussi des...mangues, et commandons à manger. La dame sort son perroquet de la cage et le met sur l'épaule de Quentin.
Finalement, c'est en bus que nous rejoignons Salina Cruz, petite ville sale et polluée au bord du Pacifique que nous ne voyons même pas, toujours des collines.
Sur les trottoirs sales et bruyants, les enfants mangent leur boite repas du Mr Burger du coin, pendant que Fred cherche un petit hotel.
Ouf, il en trouve un un peu à l'écart du bruit. Nous poussons les vélos dont les guidons ont été tournés pour le bus, et profitons de la douche chaude, du savon et des vraies serviettes de toilette avant de nous écrouler en têtes-bêches sur les lits afin qu'un maximum de personnes puisse profiter des deux grands lits de la pièce!

Le lendemain, bus et taxi pour Quentin nous mènent à Zipolite, petite station balnéaire au bord du Pacifique, à 3 km de Puerto Angel, à environ 400 km au sud d'Acapulco. Nous avons décidé de nous poser quelques jours afin de profiter de l'océan, de nous remettre de nos émotions et laisser le temps à Quentin de soigner ses blessures.
Marie aussi a besoin de repos car les rougeurs apparues quelques temps auparavant sous le genou se sont étendues sur tout le bas de la jambe, et la cheville commence à enfler...

...............!

Par famille Lacheray - Publié dans : Carnet de bord Mexique
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